Depuis le début de la conquête spatiale, la figure de l'astronaute fait l'objet de multiples fantasmes. S'ils possèdent obligatoirement une intelligence hors du commun et des capacités physiques impressionnantes, un détail suffit à casser le mythe : ces héros de l'espace puent. A l'intérieur de la Station spatiale internationale, il leur est en effet impossible de prendre une douche, malgré les deux à trois heures d'exercices quotidiennes auxquelles ils sont contraints afin de se maintenir en forme.
Evacuer les odeurs de vieille salle de sport en ouvrant une fenêtre est hors de question et bénéficier d'un peu de répit en enfouissant son nez dans une étoffe parfumée à la lavande tout aussi infaisable. Pour économiser l'eau et la place, l'ISS ne dispose pas de machine à laver. Les astronautes doivent donc porter leurs vêtements ainsi que leurs sous-vêtements plusieurs jours avant de piocher dans leur stock d'habits propres (qui pèse environ 68 kg par personne pour une année). Qu'advient-il des tee-shirts et des slips usagés ? Ils sont tout bonnement jetés à la poubelle, qui finit brûlée dans l'atmosphère lorsqu'elle est évacuée à bord de cargos ravitailleurs.
Une machine à laver martienne ?
Afin de mettre un terme à cette pratique peu écologique et de permettre aux spationautes de cesser de froncer constamment le nez, la Nasa a noué un partenariat avec Procter & Gamble (P&G), une multinationale américaine qui détient notamment la marque de lessive Tide, incontestable leader du marché aux Etats-Unis. L'entreprise prévoit d'envoyer bientôt des détergents conçus spécialement pour l'espace, et les membres de l'ISS veilleront à analyser comment réagissent les produits en apesanteur pendant six mois. Un peu plus tard, elle leur fera également parvenir des stylos détachants et des lingettes.
Mais Tide ne compte pas s'arrêter là : la marque veut mettre au point une machine à laver innovante, qui consommerait le minimum et dont l'eau usagée pourrait ensuite être utilisée pour la cuisine ou bue directement. Un système bigrement pratique, surtout lorsqu'on connait les ambitions des gouvernements en ce qui concerne la future base lunaire ou la conquête de Mars. Cette machine pourrait également servir sur Terre, dans des régions où l'accès à l'eau reste complexe. Pour trouver la solution à de vieux problèmes, il suffit donc parfois... d'un peu de saleté.




