Le français Thomas Pesquet et son équipe décolleront finalement vendredi 23 avril à 11 h 49 depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Le voyage en direction de la Station Spatiale Internationale (ISS) s'effectuera à bord de la capsule Crew Dragon de SpaceX, lancée par Falcon 9. Une fois arrivée à l'ISS, l'équipe mènera pendant six mois des expériences scientifiques. A l’occasion d’une conférence de presse lundi 19 avril, le futur commandant de l’ISS Thomas Pesquet a répondu a plusieurs questions qui planent quelques jours avant son départ.
Quelles sont les fenêtres de décollage ?
En raison de mauvaises conditions météos, la Nasa a reporté le départ de 24 heures. Tant que l’appareil n’est pas fioulé, il peut rester sur le pas de tir « assez longtemps » selon Thomas Pesquet. Les options de tir se présentent avec trois jours on et deux jours off en fonction des fenêtres orbitales de lancement (comprenez l’intervalle de temps pendant lequel la fusée peut décoller), après quoi il est reporté à la semaine suivante. La précédente mission à bord de l’ISS de 2016-2017 avec Thomas Pesquet avait sollicité le vaisseau spatial russe Soyouz qui pouvait quant à lui rester sur son pas de tir trois jours maximum.
Quelle différence entre la capsule Crew Dragon et Soyouz ?

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En résumé, moins d’intimité et plus de technologie pour le vaisseau spatial de SpaceX. Le Crew Dragon est en effet composé d’un seul volume d’habitation contre deux dans le Soyouz. « Au-dessus du Soyouz, il y a un volume d’habitation ou de vie qui nous permet de passer un peu de temps, de dormir, de manger, ainsi que d’aller aux toilettes en se séparant dans la cabine, décrit Thomas Pesquet qui peut désormais comparer les deux vaisseaux. Dans le Crew Dragon, ce ne sera pas possible. » Cette promiscuité sera cependant de courte durée – environ 23 heures – avant que le vaisseau n’atteigne la station internationale. Celle-ci dispose d’une capacité d’accueil de 400 m3 habitables, soit de la place pour 6 personnes.

NASA A gauche, la capsule Crew Dragon, à droite, la capsule Soyouz.
En revanche le Crew Dragon présente un meilleur confort de pilotage que le Soyouz. « C’est plus moderne, plus automatisé, les représentations d’information pour l’équipage sont super confortables, ajoute Thomas Pesquet. On a une conscience de la situation sans devoir interpréter pleins de petits indicateurs analogiques. »
Que va manger l’équipage à bord de l’ISS ?
Les estomacs de nos astronautes seront choyés pour soutenir le moral des troupes. Les plats sont concoctés par le chef français Thierry Marx, spécialisé dans la cuisine moléculaire ainsi que par l’entreprise Servair, filiale d’Air France et de l’entreprise suisse Gategroup. Au menu, Thomas Pesquet sait déjà qu’il peut s’attendre à du bœuf bourguignon, tarte amandine aux poires, crêpes Suzette, risotto d’épeautre… Par le passé, la gastronomie française s’était déjà invitée à bord de l’ISS avec les plats du chef français Alain Ducasse.
Quelles précautions contre le Covid-19 ?
Bien que les quatre membres de l’équipage seront bientôt séparés de leurs proches pendant six mois, les mesures d’isolement sont strictes avant le départ. Pas question qu’une contamination retarde le départ, ou pire, se déclenche alors que l'équipage est dans l'espace. Celui-ci a été vacciné et un médecin vient quotidiennement vérifier l'état de santé de chacun.
Quels résultats et retombées avait donné la précédente mission de Thomas Pesquet ?
Une fois à bord de l’ISS, Thomas Pesquet devra à nouveau mener des expériences scientifiques pour des chercheurs. Sa précédente contribution avait permis de se pencher sur les surfaces intelligentes, destinées à contenir la propagation des virus. Cette expérience nommée Matiss, conduite par le CNES, étudie l’efficacité de cinq matériaux et a fait l’objet d’un grand intérêt pendant la pandémie ! D’autres expériences comme « Brain DT Eye » étudient comment le cerveau se rebranche dans un nouvel environnement. L’expérience PK4, basée sur les plasmas froids, est à l'origine d'applications très concrètes pour lutter contre les bactéries résistantes aux antibiotiques comme les staphylocoques dorés ou les streptocoques. Une expérience de cristaux a également eu des applications sur la myopathie de Duchenne en créant dans l’espace des structures cristallines de manière beaucoup plus fine et précises sans qu’elles s’écrasent sous leur propre poids. Ces exemples ne représentent bien sûr qu’une petite partie des expériences menées lors de la précédente mission de Thomas Pesquet.



