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[L'industrie c'est fou] Avec son bateau volant, AirYacht veut proposer de luxueuses croisières dans les airs

Fondée par deux ingénieurs, la société suisse AirYacht veut proposer des voyages dans un bateau attaché à un dirigeable, afin d'offrir à ses clients la possibilité de voguer n'importe où. Actuellement à la recherche de financements, elle espère faire voler son premier ballon à l'horizon 2027.

AirYacht bateau volant
Le yacht, qui comporte trois niveaux et 1 100 mètres carrés d’espace habitable, est pensé pour accueillir jusqu'à 32 convives.

Se prélasser sur son yacht amarré dans une sublime crique corse puis s’envoler, toujours à bord de cette luxueuse demeure, pour rejoindre le désert et y passer quelques jours de vacances supplémentaires… Telle est la vision du paradis (ou de l'enfer, selon vos modes de consommation) défendue par la société suisse AirYacht. Le concept est aussi simple que surprenant : il s’agit concrètement d’attacher un bateau de 60 mètres de long à un dirigeable de 200 mètres, capable d'emmener son propriétaire où bon lui semble.

L’idée a germé dans la tête de Guillaume Hoddé, un ingénieur passionné d’aéronautique, alors que les dirigeables cargos connaissent un vrai essor. «Leur arrivée est une opportunité pour pouvoir concevoir des dirigeables de croisière», explique Matthieu Ozanne, qui a rejoint le projet AirYacht en 2020 après une carrière d’ingénieur chez PSA Peugeot-Citroën, Nespresso puis Nestlé. Leur objectif consiste en effet à proposer de véritables périples comprenant différentes escales de plusieurs heures, grâce à un ascenseur qui descendra les clients sur la terre ferme, ou de plusieurs jours. «Leur résidence pourra être installée n’importe où du moment qu’il y a un peu de place, et que la surface est plane», précise le cofondateur, qui souligne que l’espace nécessaire sera inférieur à la superficie d’un terrain de football.

AirYacht bateau volantAirYacht
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De l’hydrogène à bord

Si les deux partenaires désirent inventer une manière de voyager complètement inédite, ils assurent vouloir réduire au minimum leurs émissions de CO2. Le dirigeable, qui produira à terme de l’électricité à partir d’hydrogène, sera propulsé de cette façon et partagera cette énergie avec le navire/résidence. «Un dirigeable doit pousser de l’air, cela correspond à 25 à 50 fois moins d’énergie à produire, en fonction de la vitesse, que pour effectuer la même distance en bateau, affirme Matthieu Ozanne. Cela veut donc dire que l’on peut utiliser des systèmes de propulsion hydrogène contrairement aux bateaux, au sein desquels ils seraient trop volumineux à stocker». La start-up travaille également sur l’autonomie énergétique de sa résidence lorsque celle-ci sera posée au sol ou sur l’eau. 

Mais la mise au point de l’AirYacht comporte de nombreuses contraintes. «Il va falloir suivre les masses de près car si on dépasse un certain poids, on ne vole pas», indique l’ingénieur, qui étudie actuellement les matériaux nécessaires au projet. Il faudra aussi faire preuve d’une certaine sobriété à bord. Pas question de prendre de douches trop longues sous peine d’épuiser les réservoirs d’eau, qui, en raison des contraintes de poids, ne pourront être trop imposants. «Le challenge réside dans le fait de trouver des technologies qui feront que les clients consommeront de façon ultra raisonnable, le tout dans un confort élevé», explique Matthieu Ozanne, persuadé que les futurs passagers seront prêts à faire des compromis tant le vol en dirigeable sera «extraordinaire».

AirYacht bateau volantAirYacht bateau volant
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Une clientèle triée sur le volet

Le design du yacht, imaginé par Franck Darnet, rivalise avec celui des logements les plus luxueux… L'engin, qui comporte trois niveaux et 1 100 mètres carrés d’espace habitable, dont 750 en intérieur, peut accueillir 32 convives dans 15 cabines et 15 membres d’équipage. Il est aussi doté d’une surface d’atterrissage pour les hélicoptères ainsi que d’un garage de 45 m2 pour stocker jet-skis et voitures. A son bord, les activités ne manquent pas : salle de sport, piscine, sauna et hammam… Une sobriété toute relative donc.

Ce confort ne sera évidemment pas accessible au plus grand nombre. Les dirigeants d'AirYacht précisent tout de même qu’ils tiennent à ce que le prix pour une semaine de séjour soit équivalent à celui d'un palace ou d'une croisière fastueuse. Matthieu Ozanne espère même voir son produit se démocratiser à très long terme : «Bien sûr, au début ce sera très exclusif mais c’était la même chose pour les premiers avions, rappelle-t-il. Aujourd’hui cela coûte moins cher de faire un Genève-Paris en Easyjet qu’en train». L'entreprise, qui cherche à lever 2,5 millions d’euros auprès de business angels et de fonds d’investissement pour financer la phase d’amorçage de son projet, ambitionne de faire voler son premier ballon en 2027.

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