Les semi-conducteurs constituent l’un des axes prioritaires de la politique industrielle défendue par Thierry Breton au niveau de l’UE. " C’est un sujet que je pousse depuis mon arrivée à la Commission européenne, confie le commissaire européen au Marché intérieur en réponse à une question de L’Usine Nouvelle lors d’un échange avec la presse française lundi 7 juin 2021. Il prend une importance toute particulière avec la pénurie actuelle de puces. Il y a trente ans, l’Europe représentait 40 % de la production mondiale dans ce secteur. Elle n’en est plus aujourd’hui qu’à 10 %. Notre objectif est de doubler cette part en dix ans en la portant à 20 % en 2030. "
Malgré ce recul, l’Europe conserve de grandes forces et de nombreux atouts qui manquent cruellement à la Chine pour réaliser ses ambitions dans ce secteur hautement stratégique. " On dit que l’Europe a perdu la bataille, note Thierry Breton. Ce n’est pas vrai. Elle conserve un grand savoir-faire en recherche, conception et technologies de production. L'institut de recherche Imec en Belgique compte près de 5 000 personnes et contribue à avancer l'industrie des semi-conducteurs dans le monde entier. Une seule société dans le monde fournit aujourd’hui les équipements de lithographie EUV indispensables à la gravure de circuits en 5 nanomètres et demain en 3 ou 2 nanomètres. Elle est européenne. C’est ASML. Elle représente une capitalisation boursière de 280 milliards de dollars, équivalent à celle de l’américain Intel. Si elle stoppait ses livraisons, la production de puces avancées s’arrêterait dans le monde entier. "
Vaste alliance
L’une des idées fortes de Thierry Breton pour garantir l’indépendance et la souveraineté de l’Europe est de créer sur le territoire européen une fonderie avancée de puces, à l’instar de ce que les Etats-Unis sont en train de faire par le biais de leur champion Intel mais aussi du fondeur taïwanais TSMC, numéro un mondial des services de fonderies de puces, et probablement du sud-coréen Samsung Foundry, numéro deux de ce marché. " Toutes les fonderies avancées de puces sont aujourd’hui localisées en Asie, constate le commissaire européen. Il est important que l’Europe en dispose d’une sur son territoire. Nous sommes en train de créer une vaste alliance pour ce projet. Nous avons conscience de l’importance de l’investissement à consentir, de l’ordre de 5 à 10 milliards d’euros. Nous allons nous donner les moyens de le réaliser.Nous sommes prêts à le faire avec des partenaires extra européens."

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Thierry Breton fait probablement allusion à TSMC et Intel (déjà massivement présent en production près de Dublin, en Irlande, avec près de 4 600 personnes) avec lesquels il avait eu déjà des discussions sur le sujet. L'idée fait débat en Europe. Si NXP, ASML ou Imec semblent la soutenir, ni l'allemand Infineon Technologies ni le franco-italien STMicroelectronics ne comptent participer au projet. Ils justifient leurs réserves par leur présence marginale dans les circuits avancées.
Contrôle de la chaine de valeur
Le commissaire européen justifie le projet par la nécessité de maintenir à niveau l’écosystème européen de recherche, de conception et de technologies de production dans les semi-conducteurs. Mais pas seulement. " Nous avons besoin de sécuriser la chaine logistique de nos industries en aval en disposant sur le territoire européen d’une capacité de production de puces avancées, explique-t-il. Nous voulons également mieux contrôler la chaine de valeur dans des industries du futur, comme celle des véhicules électriques où les semi-conducteurs représenteront 30 % de la valeur du véhicule. "



