L’État débloque 45 millions d’euros pour la diversification des sous-traitants automobiles

En déplacement dans la vallée de l’Arve ce 23 septembre, le ministre de l’Économie a dévoilé la liste des premiers lauréats qui bénéficieront du fonds de soutien à la diversification des sous-traitants automobiles.

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Equipementier automobile Bontaz basé à Marnaz (Haute-Savoie)
Basé en Haute-Savoie, Bontaz fait partie des lauréats de l'appel à projets du gouvernement pour la diversification des sous-traitants automobiles.

Fournisseurs de pièces automobiles, ils vont s’intéresser aux vélos, aux trains ou… aux satellites ! Vendredi 23 septembre, lors d’un déplacement dans la vallée de l’Arve, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a présenté les premiers lauréats du fonds de soutien à la diversification des sous-traitants automobiles. L’État va distribuer 45 millions d’euros à 46 entreprises retenues parmi 115 dossiers déposés.

« Notre objectif est de faire de la fin de la vente des véhicules thermiques en Europe en 2035 une opportunité pour la filière automobile française et ses sous-traitants. Mais il est indispensable de les accompagner à travers cette transformation profonde. L’Etat est au rendez-vous », défend Bruno Le Maire, en visite à Marnaz (Haute-Savoie) chez Bontaz, l’un des lauréats de l’appel à projets. Spécialisé dans les sous-ensembles pour les fonctions hydrauliques, l’équipementier se diversifie dans le vélo électrique pour réduire son exposition aux moteurs à combustion interne.

L’appel à projets avait été lancé en décembre 2021 alors que les acteurs de la filière automobile alertaient l’État sur le péril des sous-traitants face à l’inflation et la transition électrique. Il était alors question de dédier 300 millions d’euros à la diversification de ces entreprises.

Des diversifications au sein ou à l’extérieur du secteur automobile

Dans cette première liste de lauréats, les PME concentrent près de 40% des 45 millions d’euros accordés. « L’Auvergne-Rhône-Alpes est la région la plus représentée avec 19 projets soutenus dont plus de la moitié située dans la vallée de l’Arve, qui concentre un important tissu de PME spécialisées notamment dans le décolletage et dans l’emboutissage. La région concentre près de 31% des aides, suivie des Hauts-de-France (16%) et des Pays de la Loire (12%) », détaille le ministère de l’Économie.

Parmi les sélectionnés, beaucoup veulent adapter des compétences liées au véhicule thermique pour se positionner sur l’électrique. C’est le cas de Wevista à Roubaix (Nord) qui fabrique des conduits métalliques pour le transfert des fluides moteurs dans les lignes d’échappement des voitures. L’entreprise veut exploiter ses compétences pour le refroidissement des véhicules à batteries. À Chenove (Côte-d’Or), le spécialiste des rubans adhésifs Adhex espère quant à lui se positionner sur les piles à combustible. 

D’autres entreprises veulent se diversifier à l'extérieur du secteur automobile. Certaines visent ambitieusement le nucléaire, l’aéronautique et le spatial. Basé à Toulouse (Haute-Garonne), l’équipementier électronique Actia veut fournir des systèmes embarqués non plus seulement aux voitures mais aussi aux satellites en orbite basse. 

Une transition à haut risque pour les sous-traitants

Les 300 millions d’euros déboursés par le gouvernement suffiront-ils ? La Plateforme automobile (PFA), l’organisation chargée de représenter la filière française, chiffre le besoin d’investissement dans les nouvelles chaînes de valeur à 17,5 milliards d’euros d’ici à 2025. Certes, ce montant prend en compte le cas des constructeurs automobiles mais il ne fait guère de doute que les fournisseurs sont fortement exposés à la transition électrique : 20 000 emplois pourraient être perdus chez les sous-traitants à l’horizon 2030, selon une étude d’AlixPartners et de la PFA.

Il n’est pas certain que l’ensemble des projets de diversification soient couronnés de succès. Dans un entretien avec L’Usine Nouvelle, le patron de Valeo nuançait les chances d’une transition trop tardive vers l’électrique : « Vous ne pouvez pas vous réinventer du jour au lendemain dans la précipitation, alors même que vos finances commencent à être tendues. »

L’appel à projets du gouvernement rappelle toutefois que certaines entreprises peuvent faire valoir un savoir-faire pointu dans des domaines hautement techniques. Les candidatures restent ouvertes jusqu’au 27 septembre, sur le site du ministère de l’Économie.

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