L'électronicien Elvia PCB ne reconstruira pas son usine Ciretec, endommagée par un incendie, dans le Loiret

Victime d'un incendie en janvier, l'usine Ciretec du groupe Elvia PCB à Saint-Ay, près d'Orléans (Loiret), va fermer ses portes. L'entreprise estime que la reconstruction, autour de 25 millions d'euros, lui couterait plus cher qu'un transfert vers d'autres sites.

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Fermeture du site Ciretec à Saint-Ay, près d'Orléans (Loiret)
Mobilisation des salariés de l'usine Ciretec à Saint-Ay contre la fermeture décidée par l'électronicien Elvia PCB.

L'électronicien Elvia PCB, propriété du fonds d'investissement français Tikehau depuis le printemps, a choisi de fermer son usine Ciretec de Saint-Ay (Loiret), qui fabriquait des plaquettes de circuits imprimés de haute technologie, notamment pour Airbus, Thales, Dassault et leurs sous-traitants, jusqu'à ce qu'elle brûle en janvier 2022. La direction estime qu'il aurait fallu mobiliser 25 à 30 millions d'euros pour la reconstruire.

Les négociations du plan de sauvegarde sont en cours dans un contexte tendu. 53 des 70 emplois seraient supprimés. La direction espère aboutir avant la fin de l'année pour une fermeture en 2023, mais les syndicats estiment que les indemnités de licenciements supra-légales sont trop faibles. Seule une activité impliquant 17 salariés serait maintenue temporairement, celle qui assure la qualification ESA (Agence spatiale européenne) du site, et qu’Elvia veut conserver et transférer.

« L'incident était prévisible »

Le groupe Elvia PCB a proposé des reclassements vers ses autres sites à Coutances (Calvados), à Châteaubourg (Ille-et-Vilaine), ainsi qu'à Puiseaux (Loiret). Pour l'instant, seuls 3 à 4 salariés auraient accepté un déménagement.

Créée en 1985, cette usine a brûlé en janvier 2022 suite à un défaut de climatiseur dans une salle de photogravure de plaquettes. « L'été nous étions contraints d'arrêter certaines machines qui chauffaient. Le problème était connu depuis plusieurs années, mais un conflit avec l'installateur a empêché la direction de changer de système. Le drame a fini par arriver, mais il était tout à fait prévisible », s'agace Marie-Laure Raigneau, secrétaire (CGT) du CSE.

La syndicaliste a sollicité le maire Frédéric Cuillerier et le sénateur Jean-Pierre Sueur (PS). Un rendez-vous a été fixé avec le cabinet du ministre de l'Industrie Roland Lescure. « Notre actionnaire Tikehau a reçu des fonds publics pour soutenir la filière aéronautique du pays. En fermant une usine, la seule du groupe qui était qualifiée pour le spatial, on est loin du compte », argumente Marie-Laure Raigneau.

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