Les entreprises sont-elles mûres pour écoconcevoir et produire plus durable ? Pas vraiment. La démarche, qui consiste à intégrer la fin de vie du produit dès sa conception, est encore loin d’être généralisée. C’est l’un des enseignements du rapport intitulé « Repenser : pourquoi la conception durable des produits est indispensable aujourd’hui ». Ce document de 37 pages (en anglais) réalisé par CapGemini Research Institute, indique que seulement 22% des entreprises font de la durabilité un élément clé de leur stratégie de conception de produits. Ce chiffre est le résultat d’une étude menée auprès de 900 responsables de la conception produits et directeurs techniques de grandes entreprises de 12 pays, dont 100 françaises. Parmi les secteurs auscultés, les acteurs des biens de consommation, des machines industrielles et de l’automobile représentent plus de 80% des réponses. Environ deux entreprises sur trois interrogées réalisent un chiffre d’affaires entre 1et 10 milliards de dollars.
17% des entreprises intègrent la circularité dans leur design produit
A l’heure de l’urgence climatique, l’étude réalisée entre mai et avril 2022 indique que la plupart des organisations n’intègrent pas encore la durabilité dans leur design produit. Si la circularité (réduction de matière, recyclage, réparation…) est concrète pour 17% des répondants, 40% envisagent de l’intégrer dans les deux ans. 18% n’ont tout simplement aucun projet en la matière. Parmi les freins rencontrés, les représentants des entreprises sont 55% à citer les difficultés d’approvisionnement en matériaux durables. Le manque de collaboration avec la chaîne de valeur est aussi pointé du doigt par 49% d’entre eux. En interne, ce sont les données pour évaluer précisément les impacts environnementaux et sociaux des produits qui font défaut (54%), devant les compétences internes dans le domaine du design durable (48%). En outre, CapGemini constate que seulement 16% des concepteurs de produits déclarent avoir une connaissance précise de la durée de vie utile de leurs produits.
Des outils technologiques d'analyse discrets
« Les organisations doivent intensifier leurs investissements dans les technologies de conception de produits durables », commente l’étude à propos des outils utilisés pour produire durable. A l’heure où les solutions digitales se multiplient à grand renfort de données et d’intelligence artificielle, les entreprises interrogées sont 13% à effectuer des tests et simulations virtuelles, 17% à recourir à la production additive pour réduire les temps de développement et 16% à utiliser des outils digitaux d’analyse de cycle de vie. Toutefois, plus d’une organisation sur deux reconnaît envisager ces technologies dans un avenir non précisé.
Réduire ses émissions de CO2
Autre obstacle : le prix. Perçue comme onéreuse, la mise en œuvre d'une stratégie de conception durable a pourtant généré des baisses de coûts pour 23% des organisations, relève l’étude, qui constate en revanche que pour 37% d'entre elles, la démarche n’a eu aucune conséquence sur les coûts a posteriori. Parmi les points positifs, les stratégies de dématérialisation et d’allègement visant à réduire la quantité de matériaux sont citées comme autant de facteurs d’économie. De même, la réduction de la consommation d’eau, d’énergie et de temps d’assemblage contribue à l’amélioration de l’efficacité de la production. La réduction des émissions de CO2 est constatée par 67% des entreprises, de même que la satisfaction clients et un plus grand engagement des collaborateurs pour respectivement 70% et 79% d’entre elles.
La réglementation reste la motivation principale
Autant de bonnes raisons qui peinent encore à convaincre. La pression réglementaire est actuellement « l’une des principales motivations », assurent les responsables de l’étude pour expliquer l’adoption des bonnes pratiques. 61% des organisations qui investissent dans la conception durable de produits, ou qui envisagent de le faire, le font pour cette raison, indique l’étude. « Les entreprises se préparent alors que les lois devraient se durcir, notamment concernant la prolongation de la durée de vie des produits et l’utilisation de matériaux recyclés dans les produits et/ou les emballages», indique CapGemini. «Les entreprises qui ne conçoivent pas encore leurs produits de façon durable doivent revoir leur position pour se prémunir contre le risque d’être non-conformes à l’avenir d’un point de vue réglementaire. »
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Capgemini 


