Seat ne va pas disparaître. Enfin pas tout de suite. Après avoir laissé entendre lors du dernier salon de l’automobile de Munich que la marque serait sacrifiée au profit de sa petite sœur Cupra, Thomas Schäffer, président de Volkswagen a timidement fait marche arrière. «La marque Seat est plus forte que jamais», a écrit l’allemand sur Linkedin. Mais le démenti n’a pas vraiment convaincu : si Seat ne disparaît pas, elle va se transformer complètement. Et c’est l’histoire d’une marque emblématique qui prend fin.
«On a tous voyagé en Seat : la 600 fut une révolution dans les années 60. Il y avait des listes d’attente de deux ans pour en obtenir une», raconte avec un brin de nostalgie José Maria Zapico, spécialiste de l’industrie automobile. Symbole du développement économique de l’Espagne de Franco, Seat (Société Espagnole d’Automobiles de Tourisme) a accompagné l’évolution de la société à tel point qu’une chanson lui était dédiée. A l’époque, la marque n’avait pas encore été rachetée par Volkswagen et dépendait de l’Institut National de l’Industrie. Pour renforcer son identité ibérique, chaque modèle portait le nom d’une ville espagnole. «Leon, Ibiza, Ronda, Toledo, Malaga : ce ne sont que des villes dont les clubs de foot jouaient en seconde division» s’amuse José Maria Zapico. «Il n’y a jamais eu de modèle Barcelone ou Madrid : c’était aussi une manière de positionner cette marque comme la voiture de la classe moyenne».
Mais les temps ont changé et le groupe allemand a créé une sous marque concurrente à Seat qu’il entend désormais mettre en avant : Cupra. La ligne sportive de Seat, créée sous la présidence de Luca De Meo (désormais patron du groupe Renault) et produite dans l’usine historique Seat de Martorell près de Barcelone, ne vend pas autant d’unités que sa grande sœur, mais elle rapporte plus d’argent au groupe. «Cupra est sur un positionnement plus haut de gamme que Seat qui a l’image d’une voiture bon marché», analyse José Maria Zapico. «Seat incarne la voiture à moteur thermique alors que Cupra cherche à développer ses modèles électriques. L’idée c’est de basculer de Seat à Cupra d’ici 5 à 10 ans.» La disparition progressive de la marque Seat émeut une partie de la presse ibérique, beaucoup moins les jeunes générations pour qui l’identité de l’ex-fleuron de l’industrie automobile s’est peu à peu dissipé.
Un virage pour l'industrie auto ibérique
La transformation de Seat illustre sans doute le moment charnière que vit l’industrie automobile en Espagne avec des usines qui disparaissent et beaucoup d’autres qui se transforment. Si Nissan a fermé son site de production de Barcelone fin 2021, après 40 ans de présence en Espagne, le groupe Stellantis (Peugeot, Citroën et Opel) a choisi Saragosse et Vigo pour développer ses nouveaux modèles électriques avec un investissement estimé à 1 milliard d’euros. Renault produit aussi une grande partie de ses véhicules hybrides dans le pays.

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Avec 2,2 millions de voitures produites en 2022 et 17 usines réparties dans tout le pays, l’Espagne reste un poids lourd du secteur en Europe, juste derrière l’Allemagne, devant la France et l’Italie. Mais le pays est confronté au même défi que ses voisins : l’électrification. L’Espagne a pris beaucoup de retard sur la Chine : 8% seulement des véhicules produits en Espagne sont électriques. «C’est une transformation très lente, qui ne peut pas se faire du jour au lendemain. En Espagne, pour produire un nouveau modèle, entre les premiers dessins et sa sortie d’usine, il faut entre 4 et 5 ans. En Chine, ça prend deux fois moins de temps».
Mais le pays espère bien se rattraper et veut s’imposer comme le champion européen de la voiture électrique, avec selon les estimations du cabinet Inovev l’objectif de produire d’ici 2030 1,5 million de véhicules électriques, soit la moitié de sa production automobile.
Reste la question cruciale des batteries : la Chine a plusieurs longueurs d’avance sur l’Europe et l’Espagne n’a pas encore de grandes capacités de production. Le groupe Volkswagen espère y remédier avec l’inauguration d’ici 2026 de son site de production de batteries à Sagunto près de Valence.



