Une charte pour encadrer les projets photovoltaïques au sol sur terre agricole a été signée, le 19 janvier, entre EDF Renouvelables, la FNSEA et Chambres d’agriculture France. Elle vise à garantir la préservation des terres et la pérennité de l’activité agricole et prévoit, entre autres, que le solaire sur bâtiments devra rester prioritaire, une durée d’exploitation maximale de trente-cinq ans, la réversibilité totale de l’installation, la remise en état des terrains après démantèlement et le recyclage des matériaux recyclables.
Il faut 1 hectare par mégawattheure
C’est l’aboutissement de deux ans de discussions entre l’électricien national et le monde agricole. Elle est la bienvenue, alors que la France s’est fixé dans la feuille de route énergie d’avoir au moins 35 GW de capacités installées en 2028 (contre 10 GW en service aujourd’hui). Il faut 1 hectare de terrain pour installer 1 MW de panneaux solaires. Les anciennes mines, les terrains militaires, les toits et les parkings n’y suffiront pas.
Pour atteindre l’objectif, il faudra utiliser des terres agricoles. Au risque de conflits d’occupations des sols, qui ne joueraient plus leur rôle de puits de carbone et d’enjeux pour la biodiversité. Sachant que, face à un revenu de 3 000 euros par an par hectare couvert de panneaux solaire, les questions environnementales pèseront peu pour nombre d’agriculteurs. D’autant que cette charte ne sera efficace qu'à la condition que les chambres d’agriculture s’en emparent au niveau local.
Il faudrait aussi qu’elle fasse vite école auprès d’autres opérateurs. EDF, qui a dévoilé fin 2017 un ambitieux plan solaire prévoyant d’installer 30 GW entre 2020 et 2035 en France, n’est encore qu’un nain dans le secteur du photovoltaïque en France. Il ne devrait installer son premier parc solaire agricole qu’en 2022. Et dit chercher entre 15 000 et 20 000 hectares de sols disponibles pour ses futurs parcs.
Contrer les effets d'aubaine
Avec l’agrivoltaïsme, il devient possible de concilier solaire et agriculture, avec en outre d’intéressantes fonctionnalités d’ombrage et anti-insectes. Mais ces technologies renchérissent de plusieurs euros le coût de production du mégawattheure (MWh), explique Bruno Bensasson, PDG d’EDF Renouvelables et signataire de la charte.
La balle est donc dans le camp de la Commission de régulation de l’énergie, qui pourrait ajouter des contraintes liées à l’occupation des sols et à la biodiversité dans ses appels d’offres. Au risque de voir, comme pour l’éolien, les recours se multiplier dans le solaire.



