Le kiwi rouge débarque en France. Et c’est en partie à l’énergie solaire qu’on le doit. Baptisée Enzared, cette variété, verte à l’extérieur et à la chair rouge, a été créée par la société néo-zélandaise Enza. Jusqu’alors, peu d’arboriculteurs français s’y étaient intéressés. En septembre 2018, à Boé (Lot-et-Garonne), la famille Aurières a décidé de planter 9 hectares d’actinidias, les arbres à kiwis. Pour garantir sa production, la ferme s’est associée à Reden Solar, une entreprise charentaise responsable du plus grand parc français de serres photovoltaïques.
Trois serres composées de plus de 28 258 modules ont été installées au-dessus des plantations d’actinidias. Le projet, d’un montant de 15 millions d’euros, a été financé par le spécialiste des nouvelles énergies Roquefort. L’objectif ? Protéger les cultures des aléas climatiques, permettre aux agriculteurs de gérer leur taux d’humidité ou l’apparition des maladies tout en produisant de l’électricité sur le site. "C’est un partenariat gagnant-gagnant", explique Thierry Carcel, le président de Reden Solar.
Et les résultats sont là. Un an après le début de son exploitation, la famille Aurières a déjà pris un an d’avance sur sa récolte et a recueilli plus de 6 tonnes de kiwis par hectare, le tout sans aucun traitement. Des chiffres qui devraient être multipliés par quatre d’ici à 2021, avec une production de 35 tonnes par hectare, ce qui permettra à l’entreprise de se placer parmi les leaders européens des kiwis rouges. De son côté, Reden Solar a produit, sur les 9 hectares du site, plus de 9 millions de kilowattheures d’électricité, "soit l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville de 10 000 habitants", précise le représentant de Reden Solar. Les serres de Boé permettent également chaque année d’éviter le rejet de 340 tonnes de CO2.



