Une offre plébiscitée de justesse. Les syndicats FO et CFE-CGC ont signé, jeudi 27 février, la proposition d’accord salariale annuelle formulée par la direction du groupe Renault. Celle-ci avait mis sur la table, une semaine plus tôt, une proposition de hausse de salaire de 2,6%, à la suite de deux réunions avec les syndicats. Les quatre organisations syndicales représentatives du groupe Renault – CFE-CGC, CFDT, CGT et FO – avaient jusqu’à hier pour parapher ou non le texte. Les deux signataires comptent pour un peu plus de la moitié des salariés représentés par ces syndicats en France.
L’accord du groupe au losange est plus généreux que celui de 2,1% proposé par la direction de son concurrent Stellantis, formulée le 20 février dernier. Il demeure toutefois deux fois moindre que l’année précédente (+4,5%) et trois fois moindre qu’en 2023 - au plus haut depuis 1992 à +7,5%. Le groupe justifie la baisse de régime par la diminution de l’inflation en 2024, pointant à 1,8% (hors tabac). «Cette augmentation des salaires représente donc plus du double du taux d’inflation et permet ainsi de soutenir le pouvoir d’achat», défend une porte-parole du groupe.
Dans le détail, les augmentations générales des salaires sont de 1,2% pour les non-cadres (classes d’emplois de A à E), qui pourront également bénéficier d’une augmentation individuelle de 1,4% - distribués à 80% d’entre eux. Les cadres (classes d'emplois de F à I), en revanche, ne bénéficieront pas d’une augmentation générale, mais pourront toucher 2,6% d’augmentation individuelle. En outre, la prime de performance est reconduite cette année : elle concerne 70% des salariés non-cadres, qui pourront recevoir entre 300 et 1300 euros. Ces mesures doivent entrer en vigueur en avril 2025 et concernent les 40000 salariés français du groupe.
Maintien de la prime intéressement-participation à 4000 euros
Le groupe affiche un bilan financier solide sur l’année 2024, avec un chiffre d'affaires culminant à 56,2 milliards d'euros – en progression de 7,4 % par rapport à 2023 – pour une marge opérationnelle de 7,6%. Cette bonne santé financière permet au constructeur de reconduire l’intéressement-participation à hauteur de 4000 euros brut minimum pour l’ensemble des employés du groupe, soit autant que l’année précédente. L’entreprise annonce également la reconduite en 2025 de son plan d’actionnariat salarié – attributions gratuites d’actions. Actuellement, la part du capital détenue par les salariés de Renault atteint près de 6%.



