L’abattoir breton AIM en liquidation judiciaire

Son autorisation d’abattage avait été suspendue fin 2023. A Antrain, en Ille-et-Vilaine, l’abattoir AIM, appartenant au groupe belge Sopraco, ferme définitivement ses portes.

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abattoir LDC maître Coq Sable sur Sarthe
Nouveau coup dur pour la filière viande avec une nouvelle fermeture d'abattoir (image d'archives).

Coup dur pour les 57 salariés de l’abattoir AIM à Antrain (Ille-et-Vilaine). Le tribunal de commerce de Rennes a prononcé lundi 19 juillet la liquidation de l’entreprise, faute de repreneur.

Propriété du groupe familial Collet, celle-ci avait été rachetée en 2023 par le belge Sopraco, l’un des fournisseurs de viande les plus importants en Europe. AIM était en redressement judiciaire depuis le 29 mai 2024.

Son autorisation d’abattage avait été suspendue par l’Etat, quelques mois auparavant, en novembre 2023, faute de mise aux normes suffisantes. Depuis 2020, des dysfonctionnements avaient régulièrement conduit le préfet d’Ille-et-Vilaine à notifier à l’exploitant des mises en demeure. Elles avaient abouti à un arrêt temporaire des abattages à la fin du mois de septembre 2023. Pour effectuer les travaux de modernisation nécessaires, l’abattoir avait pourtant bénéficié d'une subvention de 1,6 million d’euros dans le cadre du plan France Relance, en 2021. Il avait aussi touché une subvention de 3 millions d’euros de la part d’EDF.

«Gâchis scandaleux»

La direction de l’établissement avait finalement choisi de reconvertir le site vers une unique activité de découpe de viande. «L’actionnaire principal a laissé pourrir la situation, précise à L'Usine Nouvelle Marc Boulmer, secrétaire général de l'union locale CGT du pays de Fougères. C’est un gâchis scandaleux». L’avocate des salariés, Me Elise Brand, ajoute : «C’était l’un des rares abattoirs à fonctionner cinq jours sur cinq et le chiffre d’affaires avait progressé de 19 millions d’euros en 2023. Les actifs ont été pillés progressivement pour valoriser d’autres entités». L'avocate pointe du doigt le manque de transparence de la direction. «A aucun moment, les salariés et leurs représentants au CSE n’ont été informés de l’évolution de la situation». L’avocate annonce qu’elle va assigner le groupe Sopraco aux prud’hommes. Contacté, ce dernier n’a pas donné suite à notre demande.

Solenne Durox

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