Kramer retire son offre de rachat concernant Jacob Delafon

Alors que la PME française Kramer s’était positionnée pour racheter l’entreprise de céramique sanitaire Jacob Delafon à Damparis (Jura), elle fait finalement marche arrière, convaincue que le projet ne pourrait aboutir. Les 146 salariés ne cachent pas leur déception.

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Urinoirs en faïence de la marque Jacob-Delafon au restaurant Cirio, construit rue de la Bourse à Bruxelles en 1898.
Après le désistement de Kramer au rachat de Jacob Delafon à Damparis (Jura), le site fermera d'ici fin 2021.

La société de robinetterie Kramer retire son offre de rachat déposée le 5 février 2021, la seule à être estimée viable dont avait bénéficié l’usine de production historique de sanitaires en céramique Jacob Delafon de Damparis (Jura), propriété du groupe américain Kohler.

"L’opacité dont a fait preuve le groupe Kohler en matière d’informations ne permet pas de répondre aux conditions et délais imposés et emporte la conviction de l’impossibilité de mener à bien ce projet", détaille un communiqué du groupe Kramer, aux 30 millions d'euros de chiffre d’affaires en 2019.

Une situation qui pèse sur les 146 salariés toujours en poste. "C’est dommageable car il y avait une solution pour sauver 91emplois", regrette Isabelle Baudin, déléguée syndicale CGT au sein de l’entreprise Jacob Delafon. La représentante du personnel estime que la direction de Kohler avait fixé des objectifs difficilement atteignables tant en termes de délais que d’éléments sollicités."Kohler demandait de plus en plus de choses qui ne pouvaient que bloquer les délais. Le groupe n’a jamais vendu les usines qu’il a fermées. Il a suivi le processus obligatoire mais n’avait pas la volonté de céder Jacob Delafon", juge Isabelle Baudin alors que les salariés avaient demandé un allongement des délais pour mener la procédure. Pourtant les salariés gardaient l’espoir que le rachat aboutisse. Seuls quelques uns estimaient manquer de précisions sur les conditions de la reprise.

De son côté, le groupe Kramer rappelle dans son communiqué qu’il n’a pas eu l’occasion de présenter directement son projet aux salariés. Manuel Rodriguez, président du groupe Kramer, fait part de sa déception de n’avoir pu sauver 91 emplois. Dans une lettre ouverte, l’ancien candidat à la reprise leur fait part de sa décision de renoncer au rachat, "ne souhaitant pas ajouter davantage d’incertitudes à leur situation déjà anxiogène".

Des salariés sur le carreau

"Pour nous, c’est 146 licenciements et autant de recherches d’emplois dans un bassin déjà sinistré où le chômage est en hausse", s’inquiète Isabelle Baudin. Les premiers licenciements devraient se produire le 15 mai  tandis que les activités de production perdureront jusqu’au 30 juin. Les activités de maintenance doivent quant à elles se poursuivre jusqu’à la fin d’année 2022. "Les premiers impactés seront les fonctions supports mais certains pourront rester jusqu’à la fin de l’année s’ils forment des personnels au Maroc et en Inde", détaille Isabelle Baudin. Bien que Kramer ait retiré son offre de reprise, la syndicaliste entend soutenir cette proposition à la hauteur de ses moyens. De son côté, le groupe Kramer conclut : "Le groupe continuera à porter haut et fort les valeurs du made in France".

La direction du groupe Kohler, contactée, n’a pas souhaité s’exprimer.

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