Le projet change de mains. Porté par la filiale française du groupe suisse BMG, le projet d’implantation d’une usine de plaques de plâtre sur le port de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) vient d’être repris par Knauf. Le groupe allemand acquiert ainsi la société BMG Holding France, qui n’avait pas d’autre activité sur le territoire, et poursuivra ce projet de construction d’usine en engageant les 60 millions d’euros d’investissement qui étaient envisagés.
70 emplois en vue
La première pierre devrait être posée cet automne, avant un démarrage fin 2022 et l’amorce des productions commerciales au tout début 2023. 70 postes directs seront créés sur le site pour cette usine de plaques de plâtre, dont les capacités atteindront 30 millions de m2. Il s’agira de la seconde usine de ce type pour Knauf France, qui dispose déjà de capacités de 50 millions de m2 sur son site de Saint-Soupplets, en Seine-et-Marne.
Le premier objectif vise à mieux répondre à la demande française en plaques de plâtre. Christine Muscat, directrice générale de Knauf France, décrit un marché national nécessitant 300 millions de m2 par an, "évoluant de 2 à 3% par an en moyenne, même si il y a un coup d’arrêt cette année". Sur le territoire, Knauf se positionne en "numéro trois, derrière les deux leaders historiques, et nous aspirons à faire progresser notre part de marché", ajoute Christine Muscat.
Production insuffisante en France
La production de plaques de plâtre de Knauf en France demeure aujourd’hui insuffisante par rapport à la demande. D’où cet investissement dans une seconde usine, car actuellement le groupe doit importer sur le territoire des plaques de plâtre depuis ses usines en Belgique, en Allemagne et surtout celle implantée en Catalogne (Espagne), laquelle tourne déjà à plein régime pour ses besoins locaux. La future usine à Fos-sur-Mer doit ainsi permettre de réduire les importations, donc les distances et temps de livraison en France, et de disposer d’une meilleure répartition régionale avec deux usines françaises, couvrant le Nord du pays pour la première et le Sud pour la future usine.
Leader mondial de la plaque de plâtre
Ce marché de la plaque de plâtre est stratégique pour Knauf. Depuis son acquisition du groupe USG en 2019, il se positionne comme le leader mondial du secteur, avec 80 de ses 250 usines dédiées à ce type de production dans le monde. Le secteur pèse aussi pour la moitié du chiffre d’affaires de la filiale France, qui s’est élevé l’an dernier à près de 500 millions d’euros. Ce qui représente aussi le quatrième marché mondial du groupe derrière les Etats-Unis, l’Allemagne et la Russie. Sur le territoire, le groupe recense 760 salariés, sur 35 000 dans le monde, et détient déjà 13 usines, dont 7 de production de polystyrène expansé (PSE) pour des panneaux d’isolation.
L’attrait de Fos-sur-Mer réside aussi dans le caractère multimodal de cette plateforme, avec des accès directs par route, rail, mer et le réseau fluvial, comme l’axe Rhône-Saône. Knauf pourra aussi aisément approvisionner la future usine en gypse, matériau indispensable aux plaques de plâtre, avec des sites d’extraction au Maroc et en Espagne.
Projet de recyclage
La future usine, qui produira l’ensemble de la gamme de plaques de plâtre de Knauf, doit intégrer les équipements et les procédés de production les plus modernes. Mais le groupe réfléchit aussi à y intégrer une unité de recyclage. Cette année, la filiale française a déjà démarré un programme pilote pour la collecte et le recyclage de PSE en France, qu’il soit produit par le groupe ou non. "La moitié de nos usines de PSE sont déjà équipées pour le recyclage", précise Christine Muscat. Laquelle estime que "ce qui fonctionne sur le PSE pourrait fonctionner avec les plaques de plâtre". Ce recyclage ne concernerait pas uniquement les chutes de production ou les excédents sur des chantiers mais aussi les déchets de déconstruction, lesquels sont toutefois plus délicats à recycler en raison de risques de contamination par d’autres matériaux au sein des infrastructures démantelées. Rien n’est confirmé encore pour la future usine de Fos-sur-Mer mais la possibilité d’une telle unité de recyclage sera étudiée.



