Lors d’une réunion extraordinaire du comité social et économique tenue à Givet le 13 janvier, l’équipe dirigeante de Tréfimétaux a dévoilé la décision de KME France de réorganiser son site de Givet dans les Ardennes, ce qui se matérialisera par la suppression de 119 emplois. Soient les trois quarts des effectifs actuels.
Cette restructuration passera par l’abandon total de la fabrication de tubes de cuivre, la spécialité de l’entreprise ardennaise, qui sera désormais l’apanage de l’usine italienne Sarvale. Seule la quarantaine de salariés de la fonderie en place au sein de cette PME sera épargnée. Pour motiver cette mesure brutale, la direction argue de difficultés économiques constantes et persistantes depuis 2015 ayant nécessité « la nécessaire sauvegarde de la compétitivité du groupe KME sur le secteur d’activités des tubes » ainsi que « l’inadaptation de l’outil industriel consacré à la production de tubes compte-tenu de l’évolution du marché européen de son érosion constante».
Tréfimétaux s’est d’ores et déjà engagé à mettre en place des mesures d’accompagnement pour contribuer à ce que chaque salarié ait une solution d’emploi.
Après l’échec du groupe finlandais Cupori qui avait tenté sans succès à partir de 2016 de pérenniser l’existence de cette entreprise alors menacée de fermeture, KME France s’était résolu à ramener le site givetois dans son giron pour en reprendre les commandes en 2019.
Les syndicats par la voix de Rachid Belkébir, porte-parole de l’intersyndicale, ont immédiatement contesté cette décision, estimant avoir été bernés par les actionnaires de KME France, lesquels leur avaient fait miroiter un projet de transfert de capacités de tuberie d’une usine allemande, MKM, aujourd’hui fermée. Ce qui aurait pu permettre au site ardennais d’espérer renouer avec la rentabilité en atteignant un tonnage de 16 500 tonnes de cuivre en 2021 au lieu des 7000 actuels. Malheureusement, ce projet ne s’est jamais concrétisé, ce qui a encore appauvri la PME de la Pointe des Ardennes.
Après le fiasco de la relocalisation des Cycles Mercier à Revin, les élus de ce secteur géographique ont aussitôt demandé au Préfet des Ardennes et au ministère de l’industrie d’intervenir dans ce dossier sensible.



