Kem One investit pour convertir son unité d’électrolyse à Fos-sur-Mer

Le groupe chimique Kem One va dépenser plus de 100 millions d’euros pour convertir la technologie de son électrolyse dans son usine de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Kem One annonce un projet opérationnel en 2024.

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Site Kem One de Lavéra.
Kem One va investir plus de 100 millions d'euros sur son site de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) pour moderniser son unité d'électrolyse. Le projet permettra d’éviter l’émission de 50 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

L’unité de production de chlore, soude et hydrogène de Kem One à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) va bénéficier d’une conversion technologique de son électrolyse, depuis un procédé diaphragme actuellement utilisé vers un procédé à membrane. L’investissement est évalué à plus de 100 millions d’euros mais le groupe chimique, repris par Alain de Krassny fin 2013, va pouvoir compter sur une subvention de 15 millions d’euros, attribuée par le ministère de l’Industrie, dans le cadre du plan France relance, au titre des industries stratégiques.

L’objectif de Kem One est d’en faire l’un des sites industriels les plus performants en Europe sur le plan énergétique tout en améliorant sa compétitivité et en réduisant son empreinte environnementale. Les travaux devraient commencer début 2023. Après un chantier qui devrait mobiliser, en période de pointe, 400 personnes, le nouveau procédé devrait être mis en service en 2024, annonce Kem One qui a évoqué ce projet pour la première fois en 2017. La construction de l’installation s’opérera sur des terrains vierges et n’entraînera donc pas d’interruption de fonctionnement pour les unités actuelles, sauf au moment du grand arrêt réglementaire du site en octobre 2024.

Par rapport à la salle d’électrolyse diaphragme démarrée en 1976, l’électrolyse membrane va permettre de réduire la consommation d’électricité sur le site de 16 % par an (soit 106 GWh/an) et de 36 % celle de gaz naturel (soit 270 GWh/an). Le projet permettra d’éviter l’émission de 50 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère, selon l’industriel. "Nous sommes convaincus qu’il y a un avenir pour l’industrie en France en construisant des modèles de production plus vertueux sur le plan environnemental", explique Frédéric Chalmin, directeur général de Kem One.

Modernisation continue

Le site de Fos-sur-Mer qui emploie 340 personnes a été l’un des pionniers des efforts en faveur de l’économie circulaire sur la zone industrialo-portuaire de Fos. Cette initiative vient encore conforter ses ambitions car l’électrolyse membrane produira un hydrogène bas carbone ou d’origine renouvelable qui pourra être valorisé sur cette zone dans le cadre d’autres projets. Entre 2014 et 2021, Kem One a investi sur ses installations françaises plus de 500 millions d’euros.

En Provence, le deuxième fabricant européen de PVC et producteur de soude et dérivés chlorés (800 millions d’euros de chiffre d’affaires, 1 400 salariés) avait déjà mis en service en juin 2017 la nouvelle électrolyse membrane chlore-soude de son unité de Lavéra, considérée alors comme "l’un des piliers du redressement de l’entreprise" puisque sa conversion technologique avait été lancée peu après la reprise par Alain de Krassny. 160 millions d’euros avaient été investis dans le projet destiné à arrêter les procédés mercure.

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