Balles et ballons, tribunes, restauration, sols sportifs, escalade, surf, chaussures, aviron… Accélérateur de performance ou tout simplement pratiques, voire parfois indispensables, plastiques, caoutchoucs et composites sont omniprésents dans la pratique sportive. Et le seront au cours des Jeux olympiques et paralympiques 2024 qui se déroulent cet été à Paris et dans plusieurs autres sites en France. Les pouvoirs publics affichent l'objectif de diviser globalement par deux les émissions de gaz à effet de serre produites par cet événement mondial par rapport au JO de Londres. Une « démarche globale de circularité qui ira des boissons à l'alimentation ou au mobilier » a également été engagée, ajoute Christophe Béchu sur le site du ministère de la Transition écologique.
Empreinte matière
Pour la première fois, une démarche « d'empreinte matière » globale, s'intéressant à tous les matériaux, a par ailleurs été engagée. « Notre stratégie : moins, mieux et pour longtemps. Site par site, nous avons réalisé une cartographie de tous les équipements nécessaires. 90 % des 6 millions de produits et bien d'équipements seront par exemple repris et réutilisés par nos partenaires et fournisseurs. Nous avons réussi par ailleurs à réduire d'un quart, de 800 000 à 600 000, la quantité de mobilier qui sera utilisée » , indique Caroline Louis, qui se présente fièrement comme la première responsable Économie circulaire pour l'organisation de Jeux olympiques.
L'objectif de division de l'usage unique plastique par deux passera d'abord par la restauration. « Dans son modèle de distribution de boissons, Paris 2024 proposera en priorité aux athlètes un parcours “Zéro plastique à usage unique” avec une alternative à la bouteille en plastique à chaque étape du parcours de restauration des athlètes », indique-t-on ainsi au sein du Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop). Au menu : deux gourdes reçues par chaque athlète, des fontaines à eau et 700 fontaines à boissons installées par Coca-Cola (qui n'échappe cependant pas aux accusations de greenwashing) pour remplir gourdes et gobelets ou encore des bouteilles en verre pour les boissons de la multinationale sur certains sites.
« Clic » à l'ouverture
Reste que le « clic » à l'ouverture des bouteilles en plastique constitue pour les compétiteurs un gage de sécurité contre le dopage ou l'intoxication alimentaire par sabotage. « Les athlètes ayant exprimé leurs inquiétudes sur la sécurité des contenants non scellés comme les gourdes et les gobelets (...) pourront accéder à des bouteilles en plastique et/ou en verre individuelles scellées au titre d'impératif de santé publique prévu parla loi Agec », rassure-t-on au sein du Cojop. Avec, bien sûr, un dispositif de collecte et de tri : des points de collecte et une signalétique incitative seront ainsi déployés par Coca-Cola, au Village des Athlètes comme dans les espaces qui leur sont réservés au sein des sites de compétition.
Paris 2024 a également conclu un partenariat avec Re-Uz. La marque d'Impact Group (ex-Proplast) fournira l'ensemble des gobelets et contenants alimentaires réemployables utilisés pendant la période Olympique. La marque a, en effet, signé un partenariat avec le Comité d'organisation des jeux en sa qualité de « Supporteur officiel ». Re-Uz assurera le lavage des gobelets consignés pour en permettre le réemploi. Les autres contenants seront lavés, sur site ou en dehors, avant d'être utilisés à nouveau.
Le réemploi aura donc toute sa place sur le podium pour limiter l'usage unique. La substitution par d'autres matériaux ou encore l'incorporation massive de recyclé collecté localement y grimperont aussi. À l'image des 11 000 sièges repliables de l'Arena de la porte de la Chapelle à Paris fabriqué par Le Pavé à partir des déchets des poubelles jaunes franciliennes, principalement des bouteilles de shampooing et des bouchons.
Pour les sols des épreuves de Handball, volleyball ou encore, par exemple, de rugby fauteuil, c'est Gerflor, « Supporteur officiel de Paris 2024 » qui a été choisi. Neuf sites en tout avec des sols incorporant 35 % de MPR. « Nous avons opté pour une pose libre et sans colle pour un démontage plus aisé et une meilleure réemployabilité après les jeux », précise Arnaud Challande, directeur Marketing du groupe.
Réemploi et recyclé
On peut également évoquer les tables basses en volants de badminton recyclés, les poufs en toile de parachute ou les chaises en bouchons de bouteilles recyclés dans les espaces des athlètes aménagés par RGS Events autre « Supporteur officiel ». Ou bien la piste d'athlétisme du Stade de France. Fabriquée par l'italien Mondo en caoutchouc naturel et synthétique, celle-ci arborera un violet inédit mais sera aussi « verte », composée à 50 % de matériaux recyclés ou biosourcés. Autre initiative à mettre en avant parmi d'autres : celle de GL Events, partenaire officiel, qui a œuvré pour que 90 % des supports de communication visuelle (bâches, kakémonos, traditionnellement en plastique à usage unique) trouvent une seconde vie.
En matière sportive, comme dans un certain nombre d'autres domaines d'ailleurs, le plastique est souvent uniquement vu comme générateur de déchets. Il est également pourvoyeur de performances ! L'apport du thermoplastique Pebax d'Arkema pour la course de vitesse n'est ainsi plus à démontrer. Autre illustration : côté caoutchouc, le japonais Bridgestone qui soutien une sélection internationale d'athlètes valides et handicapés travaille ainsi avec les ambassadeurs handisports de la « Team Bridgestone » pour concevoir, par exemple, des gants, des mains courantes pour fauteuils roulants, des lames de sport ou encore des pointes pour chaussures de course à partir de caoutchouc pour pneus. Pour que, malgré tout, la performance sportive prime !
LE PANAME SE JETTE À L' EAU

Spécialiste du rotomoulage, le transformateur Rotomod sera aux JO ! « Nous sommes leader européen pour la production de canoës et kayaks rotomoulés. Au lieu d’être constitué de fibres de carbone ou de verre comme la plupart de ces embarcations, les nôtres, conçus et fabriqués en France, sont en PE et intègrent entre 10 et 20 % de recyclé. Nous avons conçu avec les athlètes de l’équipe de France de slalom et une entreprise du Tarn le Paname qui est l’un des kayaks homologués pour les épreuves de kayak cross. Nous fournissons en outre dix kayaks destinés aux athlètes des nations émergentes ou ne disposant pas de leur propre bateau », détaille le directeur commercial Damien Garreau, qui par différentes actions s’efforce graduellement de réduire l’empreinte environnementale de son activité.



