Six mois après son arrivée à la tête du groupe, David Loew a levé le voile sur la nouvelle stratégie d’Ipsen. Le laboratoire français va encore renforcer son développement dans la médecine de spécialités à travers ses activités dans l’oncologie, les maladies rares et les neurosciences. Les efforts seront axés sur la nécessité de dégager des gains d’efficacité et de renforcer la R&D. En revanche, l’avenir de l’activité Santé familiale est plus incertain, une revue stratégique est en cours explorant toutes les options disponibles.
Une capacité d’investissement portée à 3 milliards d’euros
Sur le front de la R&D, Ipsen veut mener à bien l’éclosion des programmes les plus avancés dans le portefeuille de produits en développement clinique et aussi regarnir le pipeline dans les phases moins avancées. Alors que plusieurs mises sur le marché sont envisagées à court et moyen terme, notamment dans des indications comme le cancer rénal ou le cancer pancréatique, le laboratoire estime manquer de programmes dans les phases pré-cliniques et les phases I et II de développement clinique. Ipsen envisage de remédier au manque par une meilleure efficacité de ses efforts de R&D mais aussi par plus d’innovation externe. Le groupe prévoit ainsi de porter à 3 milliards d’euros sa capacité d’investissement d’ici à 2024 pour renforcer ses collaborations externes et mener des acquisitions ciblées.
Hématologie et tumeurs rares
En oncologie, Ipsen veut renforcer le positionnement de ses médicaments, notamment en accroissant les indications thérapeutiques. Pour les maladies rares, il sera question d’élargir le périmètre et les cibles thérapeutiques. David Loew évoque une stratégie accrue d’innovation externe pour "continuer à regarder des molécules pour traiter les tumeurs solides mais aussi pour élargir en hématologie car il y a de fortes synergies". Il parle également de "focalisation sur les tumeurs rares" et indique qu’Ipsen travaillera au développement de technologies établies mais aussi "innovantes, comme les thérapies géniques".
Base de coûts trop élevée
Les gains d’efficacité recherchés en parallèle par Ipsen sont motivés par "une base de coûts trop élevée, supérieure à la moyenne sectorielle. Il n’y a pas de raison, une analyse est en cours et nous avons plein de leviers à activer", indique David Loew. Lequel assure que cela ne passera pas par de grande restructuration mais plus par des gains du côté des achats, évoquant notamment le recours à 15 000 fournisseurs, ce qu’il considère comme "trop large". Les gains seraient ainsi envisageables via une meilleure gestion des dépenses, une simplification des opérations, une meilleure productivité industrielle ainsi qu’un renforcement de la digitalisation.
Renfort au Japon et Moyen-Orient
Pour le développement d’Ipsen, David Loew table aussi sur un renfort des marchés à l’international. Il cible une implantation directe au Japon et des filiales agrandies au Moyen-Orient. Actuellement, les ventes du groupe se concentrent en Europe. Elles ont représenté 40% du chiffre d’affaires enregistré sur les neuf premiers mois 2020, établi au total à 1,9 milliard d’euros, en croissance de 2,8% sur un an. Viennent ensuite les Etats-Unis, avec 34% des ventes, et le reste du monde (26%).
Toutes les options étudiées pour la branche Santé familiale
Ces derniers résultats, publiés le 22 octobre dernier, indiquent une bonne progression, de 5,7% sur un an, de la branche Médecine de spécialités, à 1,75 milliard d’euros. Tandis que la branche Santé familiale souffre avec un repli de 21,4% depuis janvier, à 154 millions d’euros. Activité historique d’Ipsen, centrée sur les traitements des troubles gastro-intestinaux, des troubles cognitifs, de la douleur, de la toux et du rhume, l’activité Santé familiale fait l’objet d’une grande revue stratégique. Ipsen étudie "toutes les options", indique David Loew, sans exclure, donc, une cession. Mais pour l’heure, il n’y aurait "pas de délai" pour statuer sur l’avenir de cette activité.



