En retard sur l’intelligence artificielle, Intel a annoncé jeudi 24 juillet qu'il allait supprimer 15% de ses effectifs, soit 21400 postes. Le groupe prévoit ainsi de porter le nombre de ses employés à 75000 d'ici la fin de l'année 2025, contre 96400 en juin. Ce plan fait suite à une première vague de licenciements en 2024.
Deux projets européens annulés
Le nouveau directeur général Lip-Bu Tan a également présenté une feuille de route pour réduire les coûts afin de relancer le groupe, après une année noire. L’entreprise a également annulé deux projets d’usines en Europe, en Allemagne et en Pologne, qui étaient gelés depuis l’automne dernier. En mars 2024, il avait déjà abandonné l’implantation d’un centre de R&D et de conception à Paris-Saclay, en Ile-de-France, et un autre projet en Italie.
L'entreprise a connu en 2024 sa première année déficitaire depuis 1986. Son rival AMD a gagné des parts sur les marchés des semi-conducteurs pour ordinateurs personnels et serveurs, qui sont les piliers d'Intel. Sans compter que le groupe n'a notamment pratiquement aucun point d'ancrage dans le secteur en plein essor des puces d'IA, dominé par Nvidia.
Rattraper son retard sur l'IA
Renouveler la stratégie IA fait ainsi partie des priorités affichées par Lip-Bu Tan. Intel a tenté d'adopter une approche «chirurgicale» dans ses réductions de coûts et a supprimé des postes de cadres intermédiaires, a déclaré jeudi à Reuters le directeur financier du groupe, David Zinsner. «Chaque investissement doit être sensé au niveau économique. Nous construirons ce dont nos clients ont besoin, quand ils en ont besoin, et nous gagnerons leur confiance grâce à une exécution cohérente», a écrit Lip-Bu Tan dans un mémo adressé aux employés du groupe.
Le titre du groupe basé à Santa Clara, en Californie, baissait de 1,9% dans les échanges boursiers d'après-clôture. Intel a dit prévoir un chiffre d'affaires compris entre 12,6 milliards de dollars et 13,6 milliards de dollars pour le trimestre qui se terminera en septembre. Le chiffre d'affaires du groupe s'est établi à 12,9 milliards de dollars lors du trimestre clôt au 28 juin, un résultat supérieur au consensus qui ressortait à 11,92 milliards de dollars.
Avec Reuters (par Arsheeya Bajwa, Stephen Nellis et Max A. Cherney, version française Camille Raynaud)


