Intel a de l’ambition. Le champion américain des puces électroniques, qui compte plus de 110 000 personnes dans le monde, dont la moitié aux Etats-Unis, vise un chiffre d’affaires de 85 milliards de dollars à l’horizon 2021-2022. Soit 13 milliards de dollars de plus que le revenu engrangé en 2019. C’est ce que son directeur général, Bob Swan, a réitéré lors de la présentation des résultats annuels, le 23 janvier 2019, sans préciser s’il compte obtenir ce résultat uniquement par croissance organique ou aussi par des acquisitions.
Révolution de la data
" L'industrie est à un point d'inflexion important où la croissance exponentielle des données alimente une expansion massive du traitement dans les environnements multicloud, transformant les réseaux et catalysant l’intelligence là où les données sont générées, explique-t-il. Nous pensons être bien positionnés pour mener cette révolution des données et atteindre cet objectif de chiffre d’affaires dans trois ou quatre ans. "
Un optimisme qu’il fonde sur la solidité des résultats de 2019. Alors que le marché des semi-conducteurs a baissé de 12% selon le cabinet Gartner, Intel se targue d’une progression de 2% du chiffre d’affaires à 72 milliards de dollars, ce qui lui vaut de reprendre à Samsung Electronics sa couronne dans les puces électronique après l'avoir perdue pendant deux ans. " Nous dépassons nos dernières attentes de 3 milliards de dollars, se félicite Bob Swan. Nous clôturons la quatrième année consécutive avec des résultats record. Les activités PC, Datacenters, Internet des objets, mémoires et assistance à la conduite de notre société Mobioleye établissent toutes des records de revenus annuels. "

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Depuis 2015, Intel, numéro un mondial des processeurs pour PC et serveurs, a augmenté son chiffre d’affaires de 16 milliards de dollars, et ce en dépit du marasme des PC qui faisaient sa fortune. C’est que face au déclin ininterrompu de ce marché depuis 2012, il a choisi de se transformer en se repositionnant sur le marché du traitement de la data (datacenters, Internet des objets, conduite automobile assistée, etc.), qui offre l’avantage d’être plus porteur et à plus fortes marges. L’année 2020 s’annonce comme un tournant. Pour la première fois, son revenu dans ce domaine dépassera celui dans les PC. La bascule a déjà eu lieu au quatrième trimestre 2019 avec un chiffre d’affaires de 10,2 milliards de dollars dans d’activité data, contre 10 milliards dans celle pour PC.
Tensions sur le marché des PC
Le cap fixé par Bob Swan pourrait toutefois se heurter aux difficultés de production du groupe. Surpris par le sursaut du marché du PC en 2019 après sept années consécutives de déclin, le groupe a fait montre de son incapacité à satisfaire la demande de ses clients tant en quantité qu'en délais, et ce malgré l’augmentation de ses investissements à un record de 16,1 milliards de dollars. L’effort sera porté à 17 milliards de dollars en 2020 pour augmenter de 25% la capacité de production des puces en 14 et 10 nanomètres, tout en préparant les générations suivantes de puces de 7 et 5 nanomètres. Mais la situation devrait rester encore tendue.
" Au deuxième semestre 2019, nous avons augmenté notre offre de processeurs pour PC par deux chiffres par rapport au premier semestre 2019, souligne Bob Swan. Cependant, la demande a continué à dépasser l'offre. Nous continuons d'ajouter de la capacité de production cette année. Mais le deuxième trimestre 2020 sera un peu difficile car nous devrons relever le double défi de traiter la linéarité de la demande dans les PC sur un rythme hebdomadaire tout en ayant le bon mix de produits." Le challenger AMD peut se frotter les mains. Il va encore bénéficier des ennuis de son grand concurrent pour gagner davantage de parts de marché.
Problème de rendement de production
L’autre interrogation concerne la capacité du groupe à suivre la loi de Moore. Alors que Samsung et TSMC sont déjà à la génération de 7 nanomètres, Intel n’en est qu’à celle de 10 nanomètres. Il devait lancer cette génération de 10 nanomètres au second semestre 2016. A cause de problèmes de rendement de production, il en a reporté le lancement quatre fois pour le faire finalement au quatrième trimestre 2019, soit plus de trois ans de retard sur le planning initial. Intel se défend d’être en retard sur ses concurrents, présentant sa technologie de 10 nanomètres comme équivalente, voire supérieure en densité et performances à celles de 7 nanomètres de Samsung et TSMC. Possible.
Reste qu’Intel a mis cinq ans pour lancer sa dernière génération, alors que la loi de Moore fixe l’intervalle à deux ans. Bob Swan tente de rassurer et promet la mise en production de la prochaine technologie de 5 nanomètres en 2021 avec livraison de volume en 2022. "Les rendements de production en 10 nanomètres sont aujourd’hui bons, affirme-t-il. Nous allons faire en sorte de revenir à un délai de deux à deux ans et demi pour le lancement de nouvelle génération. " Sa prochaine génération de 7 nanomètres sera un test de sa capacité à revenir en tête de la course de la loi de Moore. Un rôle qu'il a détenu pendant près de 50 ans avant de se laisser devancer par Samsung et TSMC.



