A Tavaux (Jura), Inovyn opère une rupture technologique en investissant 68,5 millions d’euros dans une nouvelle unité de recompression mécanique vapeur. Un projet annoncé le 17 décembre en présence d’Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie, et qui va profiter du soutien de l’Etat dans le cadre du plan France relance.
Le site aux 780 salariés, l’un des plus important du groupe Ineos (3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaire), fabrique des produits chimiques tels que du chlore, du monomère de chlorure de vinyle, de la soude caustique ainsi que du polychlorure de vinyle, PVC.
Profitant du plan de relance et des investissements de l’Etat, Inovyn s’engage dans la décarbonation de son activité. "Notre activité actuelle consomme beaucoup d’énergie, notamment vapeur. La nouvelle unité va réduire de 50% l’énergie primaire utilisée" précise Marc Hanquet, directeur des opérations Inovyn en France et directeur du site de Tavaux. L’entreprise compte réduire sa consommation d’énergie primaire de 212 GWhs et de 60 000 tonnes par an ses émissions de CO2. Pour y arriver, Inovyn va remplacer son procédé actuel de concentration de la saumure pour la production de sel solide. Elle va ainsi abandonner sa saline alimentée en vapeur produite à partir de gaz, pour construire une nouvelle unité saline dotée d’une recompression mécanique de vapeur (RMV) fonctionnant à l’électricité. "Conçu par France Evaporation, le concept, plus performant, n’est pas nouveau et a donc déjà fait ses preuves. Non seulement nous consommerons moitié moins d’énergie mais cette énergie sera décarbonée", précise le directeur du site.
Un équipement d’envergure
Sur les 200 hectares, 10 000 m² vont être consacrés à cette nouvelle unité qui culminera à 40 mètres de haut et comprendra un évaporateur de huit mètres de diamètre. Le sel solide issu de la saumure grâce à la vapeur se destinera ensuite à un processus d’électrolyse pour aboutir à la fabrication de chlore. Devant la ministre Agnès Pannier-Runacher, le directeur a précisé le calendrier du projet : "Les études vont commencer en début d’année 2021 pour une mise en production espérée en fin d’année 2023. Toute la construction sera confiée à des entreprises françaises." La nouvelle unité devrait produire 370 000 tonnes de sel par an, soit l’équivalent de la saline actuelle. "L’aide du plan de relance a été déterminante dans notre investissement. Sans elle, nous aurions continué avec l’existant", tient à préciser Marc Hanquet. Bien qu’aucun emploi ne soit créé par l’arrivée de ce nouvel équipement, il rappelle que "cela va pérenniser l’existant. Chaque année, Inovyn recrute entre 20 et 30 personnes à Tavaux".



