Place à l’industrialisation pour Inocel. La start-up grenobloise, fondée en mai 2022, spécialiste des piles à combustible fortes puissances et modulaires, annonce mercredi 10 mai son intention d’implanter à Belfort (Territoire de Belfort) «dès 2024» une usine pour industrialiser sa solution. Celle-ci prend la forme d'une pile à combustible à membrane échangeuse de protons (PEMFC, pour «proton exchange membrane fuel cell»), développée en partenariat avec le CEA-Liten. L’objectif de l’entreprise, soutenue par l’explorateur Mike Horn, est de fournir «des solutions clés en main aux industriels» dans les secteurs du stationnaire, de la marine et de la mobilité lourde terrestre grâce à sa technologie qui «rend possible l’utilisation de systèmes hydrogène pour des cas d’usages attendus par les industriels pour lesquels à ce jour il n’existe pas de solution performante», indique l’entreprise dans un communiqué.
Le production doit débuter dans le courant du troisième trimestre 2024, avec une montée en charge progressive, jusqu'à fabriquer 30 000 piles à combustible chaque année d’ici à la fin de la décennie. Inocel ambitionne «de produire ses piles dans un niveau de volume, de qualité et de prix attendu par le marché», précise-t-elle sans plus de détails. L’entreprise, qui emploie actuellement une soixantaine de personnes, va recruter «plus de 150 personnes d’ici fin 2024» et mise sur un effectif de 700 employés en 2030. Pour produire en grande série sa pile à combustible caractérisée par une haute densité volumique de puissance (300 kW de puissance pour un volume de 110 litres et un poids de 100 kg), Inocel va s’installer au sein du parc d’activités industrielles Techn’hom, dans un bâtiment de 15 000 mètres carrés autrefois utilisé par Alstom pour produire des ailettes de turbines. Le montant de l'investissement n'est pas communiqué dans l'immédiat.
«Marché extrêmement concurrentiel»
Le choix de Belfort n’est pas anodin, ce territoire étant «connu pour être précurseur dans le domaine de l’hydrogène et à l’écosystème industriel fort», indique encore l’entreprise par communiqué. Le Territoire de Belfort a notamment été choisi par McPhy pour y construire son usine d’électrolyseurs alcalins.
En parallèle, Inocel est en train de mettre en place une première ligne de production dédiée aux prototypes à Saint-Egrève (Isère). Elle devrait commencer son activité «d’ici la fin de l’année», explique l’entreprise à L’Usine Nouvelle. La société dit également travailler sur le développement d’une gamme de produits dotés d’une puissance de 500 kW. Inocel a jusqu’à présent été très discret sur ses activités. «Nous sommes sur un marché aujourd’hui extrêmement concurrentiel qui nous oblige à avoir un très fort niveau de confidentialité sur nos technologies», se défendait en début d’année Jules Billiet, le directeur général adjoint de la start-up, auprès de nos confrères d’Industrie & Technologie.



