Infineon investit 2 milliards d’euros dans une nouvelle usine de puces en carbure de silicium en Malaisie

Le fabricant allemand de puces Infineon Technologies lance le projet d’une nouvelle usine de composants en carbure de silicium et nitrure de gallium en Malaisie. Avec cet investissement de 2 milliards d’euros, il ambitionne de devenir le leader de cette technologie clé de l’électrification de l'automobile.

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Vue aérienne de l'usine de puces d'Infineon à Kulim, en Malaisie
Vue aérienne du site industriel d'Infineon à Kulim, en Malaisie, où doit être construite une nouvelle usine.

Infineon Technologies accélère son offensive dans les puces en carbure de silicium et nitrure de gallium. Le fabricant allemand, champion européen des semi-conducteurs, a annoncé jeudi 17 février le projet de construire sur son site industriel à Kulim, en Malaisie, une nouvelle usine de ces composants électroniques de puissance. L’investissement atteint 2 milliards d’euros. A pleine capacité, l’usine générera un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros.

Avec ce projet, l’ex-bras armé de Siemens dans les semi-conducteurs compte plus que doubler ses capacités de production de composants en carbure de silicium et nitrure de gallium. « Les énergies renouvelables et l'électromobilité sont les principaux moteurs d'une augmentation forte et durable de la demande de semi-conducteurs de puissance, déclare dans le communiqué Jochen Hanebeck, directeur des opérations, futur président du directoire et directeur général d’Infineon. L'expansion de notre capacité de production en carbure de silicium et nitrure de gallium nous prépare à l'accélération des marchés des semi-conducteurs à large bande interdite. »

Un nouvel eldorado très convoité

Le carbure de silicium et le nitrure de gallium sont des semi-conducteurs dits à large bande interdite. Par rapport au silicium classique, ils offrent l’avantage d’améliorer l’efficacité énergétique des composants électroniques de puissance utilisés pour gérer les flux de courant dans les voitures électriques, les éoliennes, les centrales solaires, les datacenters et les moteurs électriques industriels. Cela se traduit au niveau de systèmes, comme la chaîne de traction des voitures électriques, par une réduction des pertes électriques, du poids, de l’encombrement et, au final, du coût total de possession.

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Selon le cabinet Yole Développement, ces deux technologies de puces pourraient offrir un marché de près de 6 milliards de dollars en 2026, contre un peu plus de 1 milliard en 2021. Le carbure de silicium représente de loin le gros morceau, environ 80% du gâteau, en raison du rôle clé qu’il joue dans l’électrification des véhicules. Ce nouvel eldorado excite la convoitise de tous les fabricants de composants électroniques de puissance, de STMicroelectronics à Fuji Electric, en passant par Cree, Rohm, Onsemi, Mitsubishi Electric, Bosch et Toshiba.

900 emplois créés

Infineon s’appuie, pour le développement et la production pilote, sur son site à Villach, en Autriche, et pour la production de volume sur son site à Kulim, en Malaisie. Les composants sont fabriqués sur plaquettes de 150 mm pour le carbure de silicium et 200 mm pour le nitrure de gallium. La nouvelle usine à Kulim fabriquera les deux technologies sur plaquettes de 200 mm. La construction débutera en juin 2022 pour une mise en service attendue à l'été 2024. L'investissement comprend l’intégration d’étapes à forte valeur ajoutée, dont l'épitaxie (déposition de la couche active sur la plaquette) et le tranchage des plaquettes en deux pour économiser le substrat et réduire les déchets. Cet investissement devrait créer 900 emplois hautement qualifiés.

Selon le cabinet Yole Développement, Infineon se place quatrième dans le carbure de silicium, derrière STMicroelectronics, Cree et Rohm. Sur l’exercice fiscal 2021, clos en septembre, le groupe a déclaré un chiffre d’affaires d’environ 200 millions d’euros dans cette activité, le double de celui généré sur l’exercice précédent. C'est encore peu, en comparaison du revenu de 550 millions de dollars généré par STMicroelectronics dans cette technologie en 2021. Mais le groupe affiche l’ambition de devenir le leader mondial avec un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros et 30% de ce marché au milieu de cette décennie. De quoi se positionner comme un concurrent de taille pour STMicroelectronics.

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