Le projet Incircular inclus la collaboration de plusieurs régions européennes afin de leur permettre d'échanger les bonnes pratiques et d'avancer conjointement sur l'un des enjeux actuels les plus important de la filière plastique : l'économie circulaire. Les parties prenantes de la région Auvergne-Rhône-Alpes, andalouses et de la Slovènie (dans ce cas la région européenne englobe le pays entier), vont donc pouvoir travailler ensemble au sein du projet sur des solutions innovantes pour produire de nouveaux plastiques respectueux de l'environnement, offrant des propriétés techniques et un coût similaire aux résines pétrosourcées actuellement sur le marché.
L'objectif : obtenir des matières premières de seconde vie à partir de 100 % de plastiques recyclés. Pour ce faire, de nouvelles technologies sont nécessaires pour pouvoir utiliser ces matières premières de seconde vie dans les chaînes de production traditionnelle du secteur de la plasturgie. Les partenaires du projet auront pour mission de mettre à l'échelle un procédé unique mis en œuvre en Slovénie, tout en s'appuyant sur des technologies innovantes espagnoles et françaises telles que l'élaboration de jumeaux numériques par Sise et Simcon (lire « 3 questions à… »). Incircular permettra ainsi un transfert de technologie interrégional à des taux de maturité de technologies (TRL) de 6-7, en soutien à la mise en place d'un écosystème circulaire interrégional qui pourra être répliqué dans tout le territoire de l'Union européenne.
D'un point de vue technique, le projet démontrera la production de plastique provenant à 100 % de plastique recyclé, 100 % recyclable et présentant des propriétés techniques similaires ou supérieures aux plastiques pétrosourcés actuels. Ceci est basé sur la démonstration (TRL6 à TRL9) d'un procédé de recherche et développement développé par Te cos, le coordinateur du projet, en collaboration avec une PME innovante espagnole, et destiné à être installé et déployé sur le site industriel de Gorenje IPC, en Slovénie. Ensuite, ce nouveau matériau de seconde vie sera intégré directement dans la chaîne de production du site de Gorenje avec l'aide d'Omaplast qui assurera la collecte, le tri et le recyclage sur le site.
Les actions du projet peuvent être résumées en sept objectifs principaux :
- Créer des matériaux recyclés respectueux de l'environnement et rentables à partir des déchets plastique, en les utilisant dans des biocomposites solides pour les produits de tous les jours.
- Créer de nouveaux biocomposites qui peuvent être facilement utilisés dans les processus de fabrication des plastiques, grâce à des méthodes innovantes de moulage par injection et de jumelage numérique.
- Encourager la collaboration intersectorielle entre les bioraffineries, la gestion et le recyclage des déchets et les industries des biopolymères pour une économie biosourcée plus durable.
- Partager les connaissances au sein du pôle interrégional pour transformer les déchets récupérés en diverses formulations de biocomposites aux qualités spécifiques.
- Concevoir des produits biosourcés respectueux de l'environnement et adaptés à un usage quotidien.
- Démontrer l'économie circulaire et la durabilité de la chaîne de valeur Incircular en créant des produits écoconçus à partir de ces matériaux et en abordant leur fin de vie circulaire par le biais d'évaluations de recyclage et de scénarios de refabrication.
- Sensibiliser les consommateurs aux nouveaux produits bioplastique et les guider pour une utilisation et une élimination responsable afin de minimiser l'impact sur l'environnement.
Pour pouvoir faire émerger des solutions innovantes provenant des trois régions partenaires, Incircular va proposer du financement en cascade destiné aux PME des trois régions. Six entreprises recevront 60 000 € chacune pour développer leurs solutions et soutenir les partenaires du projet. Ce financement en cascade sera lancé enfin d'année 2024. Polymeris accompagnera ses adhérents pour répondre à ces appels à projets. Toutes les informations concernant les appels ouverts seront disponibles, dès que possible, sur le site Internet du projet ainsi que sur les réseaux sociaux et relayées via les supports de communication de Polymeris.
YVES HERMAN Cofinancé par le programme de l'Union européenne « Interregional Innovation Investments (i3) », sous l'appel I3-2021-INV2a-MANU-N° de convention : 101114988
3 questions à…
NOTRE CONTRIBUTRICE
Elsa Cousin, chargée de projets européens, Polymeris.

LE CONSORTIUM
Incircular réunit des partenaires possédant une expertise approfondie dans leurs domaines, des réseaux régionaux et des connexions industrielles.
Le consortium est composé de 8 partenaires issus de 3 régions européennes-Andalousie (Espagne), Vzhodna Slovenija (Slovénie), Auvergne-Rhône-Alpes (France) -comprenant des centres de recherche, de petites entreprises innovantes et de grandes sociétés, apportant des perspectives et des forces diverses.
CHIFFRES CLÉS :
9 % de tout le plastique produit dans le monde a été recyclé.
8 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans chaque année.
850 millions de tonnes de gaz à effet de serre ont été émis en 2021 du fait de la production et de l'incinération des plastiques.
36 mois de projet.
4284 876 € de subventions reçues de l'Union européenne via le programme I3.
360 000 € pour financer 6 PME.
7 objectifs.
SUR LE WEB
LES PARTENAIRES
Tecos, coordinateur (SL)
Partenaires :
Polymeris (FR)
Simcon (FR)
Sise (FR)
Université de Jaen (ES)
EcoCastulum (ES)
Gorenje (SL)
Omaplast (ES)
« Maîtriser la répétabilité du process »
3 questions à…
Arnaud Lagarde directeur général et directeur Industriel chez Sise

Raphaël Mosnier Pdg de Simcon

Quel est l'objectif du projet Incircular ?
Raphaël Mosnier : Le but général est de développer une filière d'économie circulaire qui facilite le recyclage post-industriel dans un premier temps, puis post-consommateur ensuite. En post-industriel, l'idée est de récupérer les pièces injectées présentant des défauts et de les rebroyer en circuit court pour en faire de nouvelles. L'objectif est le même en post-consommation, après avoir collecté les pièces enfin de vie. Sise et Simcon sont chargés de travailler sur une approche de jumeau numérique pour aider le fabricant d'électroménager Gorenje dans le choix de l'adaptation de ces process de production à partir de la matière recyclée fournie par Omaplast.
Quels seront les rôles respectifs de vos entreprises ?
Arnaud Lagarde : Sise va naturellement se concentrer sur l'instrumentation pour examiner ce qui se passe dans les outillages, en temps réel, à l'échelle de la milliseconde. En pratique, nous allons procéder à l'acquisition des données des capteurs de pression, température, vitesse d'injection, etc., grâce à notre solution Sidaq connectée au moule et à la presse. En fonction de ces mesures, et en corrélation avec un jumeau numérique, nous serons capables de détecter les déviations de paramètres et d'anticiper la production de pièces défectueuses. Nous pourrons ainsi communiquer des informations pratiques aux opérateurs pour maîtriser au mieux la répétabilité du process.
Raphaël Mosnier : Le rôle de Simcon consiste au post-traitement des données recueillies par Sise grâce à nos outils de simulation et de plan d'expériences, Cadmould et Varimos, pour identifier les paramètres process en fonction des matières utilisées et de leurs comportements dans la presse et dans le moule. Nous serons ainsi capables de resimuler le process et de prédire si la pièce produite sera bonne ou mauvaise. Et, surtout, de savoir comment le paramétrer pour rectifier les défauts en fonction de la variabilité matière.
Pourquoi participer à ce type de projet européen ?
Arnaud Lagarde : L'intérêt est de pouvoir nous appuyer sur un cas d'usage réussi et prouvé d'incorporation de plastique recyclé dans de fortes proportions. Et de montrer l'efficacité de l'instrumentation et acquisition de données Sise, couplée à celle de la simulation numérique Simcon. C'est le deuxième projet européen auquel nous participons. Et nous nous impliquons régulièrement dans différents projets collaboratifs, notamment en lien avec Polymeris : il est important de travailler avec des partenaires pour innover. Cela donne aussi une certaine visibilité à l'entreprise. C'est important en termes de positionnement stratégique.
Raphaël Mosnier : Cela fait maintenant plus de 10 ans que nous participons à des projets collaboratifs grâce à Polymeris. Il est toujours très intéressant d'échanger avec d'autres industriels européens. Cela nous permet en outre de connecter nos outils à une chaîne complète d'industrie 4.0. C'est l'opportunité de montrer l'avance de nos outils de plan d'expériences avec une approche IA. L'objectif est également ici de déboucher sur une solution commercialisable en partenariat avec Sise.



