"Il n'y a pas de risque de pénurie" dans l'agroalimentaire, affirme Nathan Cordier, analyste chez Agritel

Alors que le cours des céréales flambe, la question de la disponibilité de certaines matières premières agricoles se pose. Pour Nathan Cordier, analyste spécialiste des céréales chez Agritel, parler de pénurie est "exagéré".

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Orge - Céréales
Malgré les mauvaises récoltes, hausses de prix et ralentissements logistiques, il n'y a pas risque de pénurie selon Agritel.

L'Usine Nouvelle - Quelles sont les principales causes de l'augmentation des prix dans les céréales ? 

Nathan Sellier - Sur le marché des céréales, la demande est aujourd'hui plus forte que l'offre. Cela s'explique essentiellement par des conditions climatiques exceptionnelles et donc une mauvaise récolte, tant pour les pays exportateurs que sur les importateurs nets comme l'Afrique du Nord. Conséquence de ces intempéries, ces pays ont augmenté de manière significative leur demande. Par ailleurs, la Chine continue d'accroître ses besoins. En face, l'offre n'est pas suffisante pour répondre à toute cette demande, ce qui a pour effet de faire mécaniquement augmenter les cours.

Toutefois, à ce stade, parler de pénurie est exagéré. Le prix est en train de faire son travail. La question aujourd'hui est de savoir jusqu'à quel niveau de prix il y aura un consensus pour acheter. Nous avons déjà vu certains pays, comme l'Algérie ou la Turquie, freiner avant de revenir sur le marché. 

Quels sont les autres éléments qui expliquent la hausse des coûts ? 

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Le taux du fret a explosé. Il a, a minima, doublé depuis l'année 2020, boosté notamment par la reprise en Asie. Sur le long terme, si ce taux se maintient à un niveau élevé, on peut estimer qu'il va provoquer un essoufflement de la demande de certaines céréales. C'est l'un des éléments qui pourraient amener à un rééquilibrage du marché. 

Toutes les matières premières agricoles sont-elles concernées par cette hausse des cours? 

Toutes sont concernées par la hausse des coûts, mais pas forcément par la hausse des cours. Si l'on prend l'exemple de la filière porcine, c'est le contraire qui se passe. Le niveau de prix y est à la baisse depuis que les abattoirs chinois construits à la suite de l'épizootie de fièvre porcine entrent en fonction. L'acheteur chinois commence donc à ralentir sa demande. Cela se traduit notamment par le déréférencement de certains abattoirs espagnols, français et néerlandais. La situation est donc particulièrement tendue pour cette filière qui, par ailleurs, fait face à une forte augmentation du prix de l'alimentation animale, dopée par la hausse du cours des céréales. 

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