La création en 2021 de la société Hyvia devait être un symbole fort de la reconversion des activités de l’usine Renault de Flins (Yvelines) où l’assemblage des véhicules a cessé. Mais trois ans plus tard, ce fabricant de véhicules utilitaires à motorisation hydrogène, détenu à parts égales par Renault Group et l'américain Plug Power, est dans l’impasse et serait proche de déposer le bilan. Une centaine d’emplois seraient menacés entre le siège social de la société à Villiers-Saint-Frédéric (Yvelines) et Flins, où Hyvia a installé une chaîne de fabrication et de test de piles à combustible.
«Nous avons été alertés il y a quelques jours que Hyvia était en cessation de fabrication, qu’elle serait en cessation de paiement et que la direction s’orienterait vers une liquidation judiciaire, dont l’annonce officielle pourrait être faite dans les jours à venir», explique Olivier Augustin, délégué syndical CGT de Renault à Flins.
«Identifier et évaluer différentes solutions»
La direction d’Hyvia ne dément pas que l’entreprise «se trouve dans une situation économique complexe à l’image de la filière automobile et hydrogène». Toutefois, elle ne confirme pas les informations concernant un éventuel dépôt de bilan. «L’entreprise travaille à diverses possibilités qu’elle étudie avec ses actionnaires. Il y a une procédure légale qui est engagée pour identifier et évaluer les différentes solutions. La semaine prochaine nous aurons plus de visibilité», précise un porte-parole d’Hyvia. De son côté Renault Group ne souhaite pas apporter plus de commentaires.
Hyvia propose un écosystème hydrogène complet reposant notamment sur une offre de véhicules utilitaires légers à hydrogène de la gamme Renault Master, des solutions de recharge, ainsi que la production de piles à combustible. A Flins, la coentreprise a réaménagé un atelier de 3000 mètres carrés, laissé vacant par l’abandon progressif de la fabrication de véhicules légers, afin d’y installer une unité de production et de test de pile à combustible. D’une capacité théorique de 1000 piles par an, elle emploie trente collaborateurs dont la moitié sont d’anciens salariés de Renault.
L’installation de cette chaîne faisait partie du projet Refactory ayant pour objectif de faire de l’établissement de Flins la première usine européenne d’économie circulaire. «Hyvia devait être la vitrine de RenaultFlins, mais en fait, on nous a vendu du rêve», déplore, aujourd’hui, Olivier Augustin.



