Le géant pétrolier et gazier britannique BP vient d’annoncer l’abandon de son projet de production d’hydrogène vert baptisé « HyGreen Teesside », au Royaume-Uni. Une conséquence de sa décision récente de limiter ses investissements dans l’hydrogène et dans les énergies renouvelables : alors que, dans ces dernières, il avait prévu d’investir 4 milliards de dollars par an d’ici à 2025, avec une hausse prévue à 5 Mrds $/an d’ici à 2030, il a finalement prévu de les réduire à 1,5-2 Mrds $/an. En parallèle, il devrait augmenter d’environ 30 % ses financements dans le pétrole et le gaz, pour les porter à 10 Mrds $/an.
Avant cette réorientation stratégique, annoncée en février 2025, le projet HyGreen Teesside devait consister à construire l’une des plus grandes installations de production d’hydrogène vert (fabriqué par électrolyse de l’eau au moyen d’énergie renouvelable) au Royaume-Uni. BP ciblait d’ores et déjà une capacité de 80 MW d’ici à 2025, avec l’objectif de passer à 500 MW d’ici à 2030.
Désormais, le groupe va davantage se focaliser sur ses projets de capture et de stockage du carbone (CCS) et d’hydrogène bleu (production par reformage du méthane associé à du CCS). Il s’agit ici de ses projets Net Zero Teesside (NZT) Power, Northern Endurance Partnership (NEP) et H2Teesside. Le premier, fruit d’une collaboration avec Equinor, ambitionne d’implanter une centrale électrique au gaz dotée d’une technologie de CCS : 742 MW/an qui devraient être disponibles d’ici à 2028. Le projet NEP – coentreprise avec Equinor et TotalEnergies – vise, quant à lui, à développer les infrastructures nécessaires au transport et au stockage du CO2 pour les projets de CCS dans la région (réseau de collecte terrestre, installations de compression, pipeline offshore de 145 km, etc.).
Dans l’hydrogène, mais cette fois, le bleu, reste le 3e projet, « H2Teesside », consistant à construire une gigantesque usine avec capture du carbone intégrée, qui devrait faire l’objet d’une décision finale d’investissement, cette année. D’ici à 2030, les 1,2 GW de capacité visée devraient permettre de couvrir plus de 10 % de l’objectif de production d’hydrogène, au Royaume-Uni. On sait déjà que la technologie de CCS sélectionnée est celle de traitement aux amines de BASF, OASE White, tandis que la gestion de l’ensemble du projet a été confiée au français Technip Energies.



