Rien ne semble arrêter Huawei. Malgré le durcissement de l’embargo américain qui le prive de l’accès aux puces, le champion chinois des mobiles a tenu à respecter son calendrier d’introduction de ses nouveaux produits en lançant, le 22 octobre 2020, sa nouvelle génération de smartphones vedettes, Mate 40. La nouvelle série se décline en trois modèles tous 5G, Mate 40, Mate 40 Pro et Mate 40 Pro+, proposés en Europe à des prix allant de 899 à 1 399 euros.
Concurrent de l'iPhone 12 ?
Grand écran Oled de 6,8 pouces, puce dernier cri, caméra dorsale à trois capteurs d’image, caméra frontale 3D pour la reconnaissance faciale… Autant de caractéristiques techniques de haute couture qui traduisent la volonté de Huawei de faire du Mate 40 le concurrent direct de l’iPhone 12 dévoilé par Apple le 13 octobre 2020.
Compte tenu de l’embargo américain, ce nouvel opus n’embarque ni le système d’exploitation Android de Google, ni ses applications mobiles. Il utilise Harmony OS, le système d’exploitation propriétaire développé sur la base d’Android, et le magasin d’applications de Huawei. Une solution qui ne pose pas de problème en Chine (où Google est interdit) mais est vue comme un handicap majeur à l’international.

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Huawei pourra-t-il en assurer la commercialisation sans rupture ? Le Mate 40 est motorisé par la puce maison Kirin 9000, qui combine processeur d’application et modem 5G, avec au total pas moins de 15,3 milliards de transistors. Cette puce est fabriquée par le fondeur taïwanais de semi-conducteurs TSMC en technologie nec plus ultra de 5 nanomètres, exactement comme le processeur A14 Bionic d’Apple au cœur de l’iPhone 12. Seulement voilà : depuis l’entrée en vigueur du troisième round des sanctions américaines, le 15 septembre 2020, Huawei ne peut plus faire fabriquer son circuit par TSMC qui s’appuie en production sur des équipements et technologies Made in USA.
Accumulation d'un stock de puces
L’équipementier chinois a anticipé ces restrictions en accumulant un stock de 20 millions de puces Kirin 9000 selon des sources citées par le Nikkei Asian Review. De quoi tenir plusieurs mois en attendant de trouver une alternative viable. L’enjeu commercial reste toutefois limité. Selon les analystes, Huawei ne devrait écouler qu’une dizaine de millions de Mate 40 en un an. C’est peu en comparaison de l’iPhone 12 qui devrait se vendre à 60 millions d’exemplaires rien que cette année selon la banque UBS.
Ce lancement s’apparente donc à un acte symbolique de résistance aux Etats-Unis qui cherchent par tous les moyens à "étrangler" la star chinoise de la high tech. Jusqu’ici, Huawei a fait montre d’une résilience étonnante, se payant même luxe de détrôner Samsung dans les smartphones au deuxième trimestre 2020 selon le cabinet Canalys. "Huawei, bien que soumis aux sanctions américaines, a gagné des parts de marché mondiales au premier semestre 2020, souligne Mo Jia, analyste chez Canalys. Sa concentration renouvelée sur la Chine s'est avérée judicieuse, alors que la Chine s'est fortement remise du Covid-19. Au deuxième trimestre 2020, il a dépassé Samsung pour être, pour la première fois, le plus grand fournisseur de smartphones au monde. "
Dépendance accrue au marché chinois
Mais cet exploit se paie par une dépendance accrue vis-à-vis de la Chine où il a écoulé plus de 72 % de ses smartphones au deuxième trimestre 2020. Ses ventes à l’international sont en chute libre avec une baisse de 27 % au deuxième trimestre.
Ce modèle a des limites. Le cabinet TrendForce a revu à la baisse ses prévisions de production de smartphones de Huawei en 2020 à 170 millions d’unités, contre 240 millions en 2019. Et pour 2021, le chiffre pourrait tomber entre 30 et 50 millions si le grand équipementier chinois des télécoms ne parvient pas à trouver un plan B pour subvenir à ses besoins en puces.



