Hprobe passe à la vitesse supérieure. Après avoir levé 300 000 euros en avril 2018, la pépite grenobloise du test magnétique de composants semi-conducteurs vient de boucler un deuxième tour de table de 2 millions d’euros. Parmi les investisseurs figurent le fond d’investissement taïwanais ITIC et l’équipementier japonais de production de puces électronique Tokyo Electron.
Adaptation aux exigences de l'industrie
Fondée en mars 2017 par essaimage de Spintec, Hprobe s’appuie sur quinze ans de travaux sur la spintronique, le mariage de l’électronique et du magnétisme, menés à Grenoble par ce laboratoire commun du CNRS, du CEA et de l’université Grenoble Alpes. "Le Spintec a inventé la mémoire magnétique, la Mram, rappelle Laurent Lebrun, PDG de la start-up. Pour la tester, il a créé le générateur de champ magnétique et le logiciel de protocole de test, car cet équipement n’existait pas sur le marché. Ce sont ces deux inventions que nous mettons en œuvre en exclusivité."
Deux domaines d’applications sont visés. D’un côté, les mémoires magnétiques Mram, une nouvelle technologie de puces mémoires optimisée pour l’embarqué. Elles ont les avantages de réduire la consommation et d’améliorer l’endurance par rapport aux technologies actuelles de mémoires. Des avantages qui intéressent tout particulièrement les objets connectés industriels alimentés par pile. De l’autre, les détecteurs magnétiques de nouvelle génération utilisés notamment pour le contrôle sans contact de l’angle entre différentes pièces dans la voiture.

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Mais pour industrialiser l’invention du Spintec, Hprobe a dû l’adapter aux exigences de l’industrie. "Notre projet de développement a commencé à la fin de 2015, détaille Laurent Lebrun. Nous avons revu la machine pour répondre à deux grandes exigences des industriels : avoir la vitesse de test la plus élevée possible car le temps c’est de l’argent, et avoir l’empreinte au sol la plus réduite possible car la place dans la salle blanche coûte cher."
4 machines déjà en service chez des clients
Des machines sont proposées notamment par ISI, aux Etats-Unis, pour le test de têtes de disques durs, et OHT au Japon pour le test de mémoires Mram dans le monde de la recherche. "Notre technologie est 30 à 100 fois plus rapide, clame Laurent Lebrun. Le cycle de test dure 100 millisecondes. Avec la levée de fonds, nous voulons développer une deuxième génération de machine encore plus rapide et montant à un champ magnétique de 2 tesla, contre 0,5 tesla pour la génération actuelle. Nous voulons aussi nous rapprocher de nos clients en ouvrant nos premières implantations à l’international, en Allemagne, à Taïwan et aux Etats-Unis dès cette année." La prochaine génération de testeur devrait être commercialisée en 2021.
La start-up a déjà vendu quatre machines à Antaios, en France, une start-up qui développe une technologie de mémoires Mram, à l’Imec, centre de recherche microélectronique en Belgique, en Chine et à un grand fondeur de semi-conducteurs à Taïwan. Depuis sa création, elle a généré 1,7 million de revenus. Elle prévoit d’écouler six machines et dépasser 3 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année, contre 800 000 euros en 2019.
Laurent Lebrun voit le marché passer de quelques millions de dollars aujourd’hui à 500 millions de dollars dans cinq ans. Dans cinq ans, il espère vendre une quarantaine de machines pour atteindre alors 40 personnes contre 10 aujourd’hui et 17 à la fin de l’année, et un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros.



