C’est un coup de théâtre inédit qui est en train de se jouer dans le monde des engrais. Le groupe autrichien Borealis qui avait confirmé, début février, la vente de ses engrais, ainsi que celles de sa mélamine et de son azote technique au groupe EuroChem, soit un ensemble de produits azotés valorisés à 455 millions d’euros, y renonce.
La raison est politique et non stratégique. Le groupe EuroChem, bien que se présentant sous fanion suisse, a de très fortes racines russes. Il est détenu à majorité par l’oligarque russe Andreï Melnitchenko, inscrit sur la liste des sanctions de l'Union européenne.
« Nous avons attentivement évalué les développements les plus récents concernant la guerre en Ukraine ainsi que les sanctions qui ont été mises en place », a déclaré Thomas Gangl, CEO de Borealis. « En conséquence, nous avons décidé de décliner l’offre d’EuroChem pour l’acquisition de l’activité Azote de Borealis, y compris les engrais, la mélamine et l’azote technique. » Et d’ajouter : « Nous respectons toutes les lois applicables, y compris, le cas échéant, les sanctions américaines, britanniques et européennes ».
En conséquence, les trois usines françaises de Grand-Quevilly, de Grandpuits et d’Ottmarsheim qui sont présentes dans le portefeuille de Borealis vont pouvoir souffler.
Quant au groupe autrichien, il va désormais envisager diverses options concernant l’avenir des activités engrais, mélamine et azote technique. De la recherche d’un nouveau partenaire au maintien de l’activité dans le portefeuille, toutes les options sont à nouveau ouvertes.



