Grève chez le sous-traitant auto Marelli contre la fermeture de deux sites et la perte de 300 emplois

Fournisseur du secteur automobile, Marelli a annoncé la fermeture prochaine de ses sites d’Argentan (Orne) et de Saint-Julien-du-Sault (Yonne). En cause, la transition énergétique vers la mobilité électrique pour le premier et la baisse des commandes pour le second. Près de 300 salariés sont concernés par cette décision.

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Marelli Motorsports
La décision de Marelli de fermer ses sites d'Argentan (Orne) et de Saint-Julien-du-Sault (Yonne) entraîne la perte de 292 emplois.

Marelli, sous-traitant du secteur automobile, a annoncé le 4 octobre la fermeture de deux de ses usines françaises dans un communiqué. Le site d’Argentan (Orne), spécialisé dans la fabrication des corps papillon pour les moteurs thermiques, et celui de Saint-Julien-du-Sault (Yonne) qui produit des feux arrière pour les véhicules sont concernés, mais chacun pour des raisons distinctes.

292 postes menacés

«Le site d’Argentan a généré une perte cumulée de plus de 28millions d’euros. L’usine devra faire face à une baisse importante des commandes en 2024 et les prévisions pour les années suivantes sont également en forte baisse», légitime la direction, mettant en avant un contexte de mutation des mobilités et la chute des volumes pour les moteurs à combustion. 167 postes devraient être affectés par cette première fermeture.

A Saint-Julien-du-Sault, 125 emplois sont menacés. Pour justifier sa décision, la direction invoque une chute significative des commandes à court et moyen termes ainsi que des prévisions de production très faible. «Malgré son avance technologique, l’usine n’a remporté aucun appel d’offres des constructeurs automobiles», indique-t-elle dans un communiqué avant de compléter : «Durant ces deux dernières années, l’usine n’a travaillé qu’à 30% de sa capacité. L’usine a fait état d’une perte d’exploitation significative de plus de 24 millions d’euros entre 2018 et 2022.»

Concurrence d'Europe de l'Est

Une réalité qui n’a pas échappé aux salariés qui avaient alerté la direction en débrayant en novembre 2021, comme s’en souvient Najim Kaddouri, délégué syndical CFDT. «On voyait qu’à long terme il y aurait un creux. On avait signalé que nous avions besoin que l’on nous affecte de nouveaux produits, mais on nous a répondu que les clients, Renault et Stellantis, préféraient produire à l’étranger, dans les pays de l’Est.»

Le syndicaliste évoque un courrier adressé par les constructeurs en ce sens à la direction de Marelli et complète. «Pourtant, on est compétitif par rapport à ce qu’ils appellent les pays "best-cost" si on prend en compte le transport de certains projets.» L’usine Marelli installée dans l’Yonne avait toutefois obtenu le contrat dans le cadre de la conception du futur C5 Aircross de Citroën.

Les salariés à Bercy vendredi

Les salariés s’avouent déçus de la confiance placée dans leur dirigeant, tandis que leur représentant insiste sur la situation financière du site. «Nous avons gagné de l’argent en 2022 et en 2023 aussi. Nous supportons aussi des charges qui ne nous incombent pas et qui plombent notre budget», rappelle-t-il. Les salariés de Marelli seront reçus vendredi 6 octobre à Bercy, espérant obtenir des réponses aux questions qu’ils se posent. «Ce n’est pas normal que l’on verse des milliards de subventions à des constructeurs français pour qu’ils aillent produire à l’étranger», s’emporte Najim Kaddouri dont les collègues ont débrayé jusqu’au CSE extraordinaire prévu le mardi 10 octobre.

La fermeture des deux sites, faute de repreneur, devrait s’opérer dans les six à neuf prochains mois. Marelli compte 50 000 employés dans le monde répartis sur 170 sites. L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires 2022 de 214 millions d’euros.

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