Google franchit le pas. Le géant américain de l’internet et du cloud se décide à ouvrir en France son premier site de datacenters. Le projet sera concrétisé, dans la région parisienne, le plus grand hub de centres de données de l’Hexagone, au début de 2022. Il vise à accompagner le développement rapide de son cloud en France.
Six sites de datacentes déjà en Europe pour le cloud de Google
" Nous y réfléchissons depuis trois ans, confie à L’Usine Nouvelle Eric Haddad, le patron de l’activité cloud de Google en France. Nous avons préféré prendre notre temps de bien connaitre les pratiques du marché et la demande des clients pour décider aujourd’hui de le réaliser. Objectivement, il n’y a pas d’urgence technique. Qu’il s’agisse de temps de latence ou de qualité de service, notre infrastructure existante en Europe répond largement aux besoins des clients en France. Ce projet s’inscrit dans une perspectives de forte croissance. Nous voulons anticiper les besoins de capacité dans les trois-cinq ans à venir. Car la France, comme le reste de l’Europe, est dans une forte dynamique de rattrapage par rapport aux Etats-Unis. "
Le montant de l’investissement n’est pas dévoilé. Mais, selon les calculs de L’Usine Nouvelle, Google a investi près de 5 milliards de dollars dans ses six sites de datacenters dédiés à son cloud en Europe : Mons (Belgique), Londres (Royaume-Uni), Francfort (Allemagne), Zurich (Suisse), Amsterdam (Pays-Bas) et Hamina (Finlande).
Comme presque tous les 23 sites actuels de datacenters du cloud de Google, répartis dans 16 pays, celui en France comportera trois zones de disponibilité, c’est-à-dire trois bâtiments distincts. Une redondance qui vise à garantir la disponibilité, la sécurité et la fiabilité de services cloud livrés en France. Ces datacenters seront hébergés chez des opérateurs de colocation comme Equinix, Interxion ou Telehouse. Google rejoindra ainsi quatre de ses concurrents américains déjà présents en France avec des datacenters : Amazon, Microsoft, IBM et Salesforce.
Cinquième sur le marché en France
Ce projet s’inscrit dans un plan d’expansion de Google en Europe, incluant notamment l’ouverture de sites à Varsovie, en Pologne, et à Milan, en Italie. Avec l’ambition de rattraper Amazon et Microsoft, qui dominent aujourd’hui le marché du cloud d’infrastructure sur le vieux continent selon le cabinet Synergy Research. En France, Google est positionné cinquième dans ce segment de marché derrière Amazon, Microsoft, OVH et Orange.
" Notre cloud connait une forte croissance en France, revendique Eric Haddad. Nous sommes dans une dynamique qui devrait nous amener à prendre une position importante sur le marché. A la fin de 2020, nous aurons doublé nos effectifs en 18 mois. Et nous prévoyons de tripler nos équipes techniques et commerciales dans les années à venir. Nous discutons aujourd’hui avec toutes entreprises du CAC 40 et du SFB 120. Ce qui les séduit chez Google c’est le modèle d’un acteur digital par design, à la plateforme cloud singulière, bâtie entièrement sur des logiciels open source. Nous nous démarquons aussi par une approche partenariale avec les clients. " Parmi les grands groupes français, qui ont adopté le cloud de Google, figurent Airbus, Air Liquide, Carrefour, Sanofi, Total et Veolia.
Au premier trimestre 2020, Google affiche un chiffre d’affaires dans le cloud de 2,8 milliards de dollars, en augmentation de 52 % par rapport au premier trimestre 2019. Mais ce chiffre comprend aussi bien le segment du logiciel à la demande à travers son offre de communication et collaboration G Suite que le segment d'infrastructure à la demande à travers sa plateforme Google Cloud Platform. Sur le segment du cloud d’infrastructure, il est positionné par Synergy Research troisième acteur mondial avec 8 % du marché au premier trimestre 2020, derrière Amazon (32 %) et Microsoft (18 %), mais devant Alibaba (5 %), IBM (5 %) et Salesforce (3 %).



