GlobalFoundries va doubler sa capacité de production de puces en technologie FD-SOI

Le fondeur américain de semi-conducteurs GlobalFoundries annonce avoir atteint plus de 4,5 milliards de dollars de commandes pour sa technologie de puces FD-SOI de 22 nanomètres. Ce qui l’amène à investir 500 millions de dollars afin de doubler sa capacité de production dans son usine à Dresde, en Allemagne. Une bonne nouvelle pour le français Soitec qui fournit le substrat de cette technologie.

 

Réservé aux abonnés
GlobalFoudries Dresde
L'usine de GlobalFoundries à Dresde, en Allemagne

Une bonne nouvelle pour le français Soitec. L’américain GlobalFoundries, deuxième fondeur mondial de puces pure player derrière le taïwanais TSMC, a dépassé les 4,5 milliards de dollars de commandes sur les quatre ans à venir pour son service 22FDX de fabrication de puces en technologie FD-SOI de 22 nanomètres. Les commandes concernent une grande variété de composants nécessitant un bon compromis entre performances, consommation et coût pour des applications comme l’automobile, la connectivité 5G, l'intelligence artificielle ou l’Internet des objets.

C’est ce que le directeur général Thomas Caulfield a annoncé, le 15 octobre 2020, lors d’une conférence de presse en amont de l’évènement GlobalFoundries Technololgy Conference en Europe.

Contrat d'approvisionnement auprès de Soitec

Ce résultat représente plus du double du chiffre annoncé en juillet 2018. "Cela illustre le succès de notre plateforme 22FDX qui offre des avantages en termes de taille, d’intégration, de consommation ou encore de coûts, estime Thomas Caulfield. Quand on parle d’appareils comme le smartphone, on pense souvent au processeur central qui assure le traitement. Mais il y a tas d’autres composants importants qui garantissent la performance de la caméra, de l’écran ou de la batterie. Nous intervenons dans tous ces composants."

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Pour Soitec, ce succès laisse miroiter de belles perspectives à moyen terme. Le français, basé à Bernin, près de Grenoble, fournit en effet le substrat de silicium sur isolant sur lequel les puces en technologie FD-SOI sont construites. Il le fait dans le cadre d'un contrat d’approvisionnement à long terme conclu en juin 2019 et dont le montant n’a pas été révélé. Soitec est au cœur de la filière FD-SOI, une technologie de puces française développée dans l’écosystème électronique grenoblois avec notamment le CEA-Leti, le laboratoire d’électronique du CEA.

GlobalFoundries fait de cette technologie un différenciant fort dans les services de fonderie de puces. Un positionnement stratégique renforcé après l’abandon en 2018 de la course de la loi de Moore au profit de TSMC, Samsung et Intel. Le groupe fait de son usine de 300 mm à Dresde, en Allemagne, son centre mondial de compétence et de fabrication de puces en technologie FD-SOI. Parmi ses clients européens, il compte STMicroelectronics qui a choisi de reposer sur  son service 22FDX pour la fabrication de ses nouvelles générations de puces en technologie FD-SOI en prolongement de celle de 28 nanomètres qu'il maitrise en interne dans son usine de Crolles, près de Grenoble. Il affirme avoir livré à ce jour plus de 350 millions de puces en technologie FD-SOI.

Introduction en Bourse de GlobalFoundries en 2022

Pour accompagner son développement dans cette technologie, le groupe américain travaille à l’expansion de son site de Dresde. " Nous allons investir 500 millions de dollars à Dresde afin de doubler nos capacités de production de puces en technologie FD-SOI, confie le directeur général.  Nous allons le faire dans le cadre d’un partenariat public-privé." Ce qui signifie qu’il attend une participation financière des pouvoirs publics allemands dans le cadre du plan européen IPCEI sur la nanoélectronique qui autorise les Etats participants (Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni) à accorder des subventions de production, une première dans l'histoire industrielle de l'Europe.

Thomas Caulfield affirme avoir réussi le redressement de GlobalFoundries depuis qu’il a pris les rênes de l’entreprise en mars 2018, en  recentrant l'entreprise sur les services différenciants de fonderie de puces et en réduisant les coûts avec la vente de deux usines et l’abandon du projet d’usine en Chine. "Nous sommes entrés en 2019 dans une configuration de génération positive de trésorerie et la situation financière continue à s’améliorer, affirme-t-il. Nous sommes passés déjà à un résultat d’exploitation positif mais, compte tenu du poids des amortissements, nous restons encore en perte nette. Nous prévoyons de passer à un bénéfice net en 2021. " Une amélioration qui le laisse entrevoir une introduction en Bourse en 2022.

Depuis sa création par essaimage en 2009 d’AMD, GlobalFoundries est détenu à 100 % par le fonds d’investissement émirati ATIC. Le projet d'introduction en Bourse s'inscrit dans la volonté de ce fonds d'alléger sa participation et de partager avec d'autres investisseurs le fardeau des investissements très lourds dans cette industrie.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.