Géosel peaufine son projet de production d’hydrogène vert à Fos-sur-Mer pour sa première concertation publique

Géosel va lancer le 27 mars la concertation préalable sur son projet de production d’hydrogène vert à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) à partir de 500 hectares de panneaux solaires, baptisé HyVence. L’insertion paysagère des installations sera soignée pour atténuer les réticences des riverains.

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Projet HyVence de Géosel-Vue de Saint Blaise
Géosel s'emploie à minimiser l’impact visuel de son projet HyVence comme, par exemple, avec des jeux de couleurs sur des panneaux photovoltaïques en mosaïques (photo).

L’automne dernier, Géosel anticipait un investissement de 600 millions d’euros à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) pour son projet HyVence. L'industriel spécialiste du stockage d'hydrocarbures a refait ses comptes : ce sera davantage. Le 12 mars, il a annoncé à Marseille que le projet – une unité de production d'hydrogène vert d’une capacité annuelle de 15 000 tonnes, alimentée par 500 hectares de panneaux photovoltaïques flottants installés sur deux étangs de saumure qu'il exploite à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) – coûtera finalement 700 millions d'euros. Une concertation publique préalable doit se dérouler du 27 mars au 20 mai sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). 

Ce parc solaire doit générer chaque année 800 GW/h d’électricité, l’équivalent de la consommation de 400 000 habitants, soit un cinquième de la population de la métropole Aix-Marseille-Provence. Si les objectifs de production restent sensiblement identiques aux annonces de l'automne 2023, Géosel affirme s’être employé à travailler depuis quelques mois sur l’intégration paysagère du projet, conscient qu’elle pourrait être un point d’achoppement face aux riverains durant la concertation.

La vocation des étangs est strictement industrielle : Geosel y exploite depuis 1969 des cavités salines souterraines pour du stockage stratégique d’hydrocarbures. La concentration en sel de l'eau, huit fois supérieure à celle de la Méditerranée, réduit les enjeux de biodiversité, mais leur visibilité depuis différents lieux du territoire rend sensible la perspective de les voir recouverts de panneaux. 

Vers du stockage de l'hydrogène ?

«Nous avons travaillé avec les associations dans des ateliers de pré-concertation pour entendre leurs demandes, avec l’Ecole nationale supérieure de paysage pour élaborer quelques pistes visant à minimiser l’impact visuel, explique Charlotte Toulemonde, directrice de projet. L’architecte Jean Frizzi, de l’agence Anonyme, a conçu plusieurs options pour dialoguer avec le paysage qui seront soumises aux habitants.»

Parmi elles, des jeux de couleurs en mosaïque ou en œuvre artistique pixélisée sur les panneaux, une forme circulaire végétalisée pour abriter l’électrolyseur… Les installations seront raccordées au réseau électrique par RTE, le tracé des lignes sera également analysé pour engendrer le moins d’impact visuel et écologique.

Géosel prévoit une décision finale d’investissement pour fin 2025 et un démarrage du projet en 2029. Quant à la possibilité d’utiliser un jour les cavités de Manosque pour y stocker de l’hydrogène, Karim Benbrik, directeur général délégué, n’exclut rien. «Notre projet doit aider les industriels de la zone industrialo-portuaire à disposer d’une énergie qui leur permettra de décarboner leurs activités. Nous stockons aujourd’hui beaucoup d’hydrocarbures. Lorsqu’une réflexion globale sera menée sur le stockage d’hydrogène, nous aurons ce questionnement, parce qu’il pourra se passer à Manosque», souligne Karim Benbrik. De quoi entrevoir le début d'une diversification, au-delà du pétrole. 

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