Genvia va tester la production d’hydrogène décarboné chez ArcelorMittal en Lozère

Genvia va installer fin 2025 un démonstrateur capable de produire quotidiennement 200 kilos d’hydrogène dans l’usine d’aciers électriques d’ArcelorMittal Méditerranée à Saint-Chély d’Apcher (Lozère). Issue du CEA, la technologie se base sur l'électrolyse vapeur haute température.

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À Béziers, une réplique taille réelle du futur démonstrateur industriel est finalisée grâce à la ligne-pilote de production inaugurée en juin 2023.

Dans ses locaux de Béziers (Hérault), Genvia a signé le 4 novembre un contrat de test avec ArcelorMittal afin d’installer fin 2025 un démonstrateur de production d’hydrogène par électrolyse vapeur haute température dans l’usine d’ArcelorMittal Méditerranée à Saint-Chély-d’Apcher, en Lozère. La co-entreprise a été créée par le CEA Grenoble et Schlumberger New Energy, ainsi que Vinci Construction, Vicat et l’AREC Occitanie.

Les modalités financières du test sont confidentielles. En recherche de décarbonation, l’usine ArcelorMittal produit 100000 tonnes par an d’aciers électriques à haute performance, destinés aux véhicules électriques et hybrides et aux alternateurs pour la production d’énergie. L’électrolyseur expérimental à oxyde solide Genvia SOEL200 sera capable de produire jusqu’à 200 kilos d’hydrogène par jour (puissance électrique équivalente à 300 kW). «Cela représente 70 à 80 % des besoins en hydrogène de l’usine», évalue Bruno Ribo, directeur des opérations d’Electrical Steel ArcelorMittal Flat Europe. L’hydrogène décarboné remplacera durant le test l’hydrogène utilisé dans le process industriel, issu du reformage du méthane à la vapeur. «L’usine, qui fonctionne en 24/7, a besoin d’une qualité excellente d’hydrogène», souligne Bruno Ribo.

Des études foncières pour l’usine «deuxième génération»

Le démonstrateur intègrera une unité de récupération de la chaleur issue du process de la ligne de recuit continu pour maximiser l’efficacité et le coût de la production d’hydrogène, ainsi qu’une unité de purification/compression d’hydrogène. Selon Genvia, ce sera le premier site à coupler, à la demande, l’hydrogène issu de l’électrolyse avec celui produit par le procédé existant. «Le test durera de six mois à un an, indique la présidente Florence Lambert à L’Usine Nouvelle. Ce premier démonstrateur dans l’industrie est une première mondiale et pour nous un véhicule d’apprentissage.» Outre la sidérurgie, Genvia a identifié des champs d’application dans la chimie, le raffinage, les industries de la chaleur, la fabrication d’électro-carburant eSAF pour l'aviation (un accord d’études a été passé avec Airbus début 2024) ou dans un potentiel couplage aux réacteurs nucléaires du futur.

À Béziers, une réplique taille réelle du futur démonstrateur industriel est finalisée grâce à la ligne-pilote de production inaugurée en juin 2023, que Genvia améliore en permanence. «L’objectif est de simplifier le process, d’économiser de la matière, accélérer la cadence, explique Florence Lambert. En trois ans, nous avons ajouté 40 brevets aux 40 du CEA. On a protégé toute la chaîne de valeur.» La première génération d’électrolyseurs Genvia est annoncée trois fois plus puissante que le démonstrateur lozérien, et plus compacte. «Nous sortirons notre premier produit de 1 mégawatt fin 2026, affirme Florence Lambert. Nous sommes dans les temps.»

Une nouvelle usine envisagée à Béziers

90 personnes travaillent actuellement à Béziers (où l’opérateur est hébergé par l’usine SLB) et 160 au total avec les équipes de Grenoble (centre de recherche et développement) et Clamart. L'implantation d’une usine «deuxième génération» à Béziers est envisagée à l’horizon 2027-2028. «Genvia a obtenu un soutien de 200 millions d'euros», a rappelé le 4 novembre le préfet de l’Hérault, Francois-Xavier Lauch. Genvia est soutenu par France 2030 et a été lauréat en septembre 2022 du PIEEC Hy2Tech. Fin janvier, la communauté d’agglomération Béziers Méditerranée et son aménageur Viaterra ont noué un protocole foncier avec Genvia pour étudier en priorité l’implantation de la future usine, envisagée à l’horizon 2028 et porteuse de plusieurs centaines d’emplois, dans la zone du Mazeran à Béziers. Cette dernière fait partie des 55 sites «clés en main France 2030» retenus en avril 2024.

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