Une usine de fabrication d’électrolyseurs à oxyde solide destinés à la production d’hydrogène décarboné va se positionner dans les prochains mois sur le site de l’équipementier Cameron à Béziers (Hérault).
Cette filiale du groupe Schlumberger, qui possède en Hérault un site qui emploie 500 salariés, va engager fin mars l’aménagement d’un bâtiment de 2 000 m², situé au sein de son site de 10 hectares, pour recevoir cette nouvelle activité. "Une trentaine d’opérateurs Cameron seront formés d’ici la fin 2021 pour s’approprier les nouvelles technologies, précise le directeur Luc Mas. Avec la crise du marché du pétrole et du gaz, nous cherchons à nous diversifier, en interne au sein du groupe Schlumberger, comme en externe."
La future usine exploitera la technologie réversible d'électrolyseur haute température à oxyde solide (rSOC) du CEA. Réversible, elle permet de basculer d’un mode électrolyse à un mode pile à combustible. "40brevets sont liés à cette technologie, maturée depuis 15 ans par le CEA, aux rendements plus importants", relève Florence Lambert. L’ex-directrice du CEA Liten à Grenoble (Isère) sera la présidente de la future société de projet baptisée Genvia. Cinq partenaires seront associés dans la coentreprise : CEA Investissement, Schlumberger New Energy, Vinci Construction, le cimentier Vicat et l’agence régionale énergie climat Arec Occitanie, qui agit pour la région Occitanie, auteur d’un plan hydrogène vert de 150 millions d’euros.
Une "giga factory" à l'horizon 2025
"Tous les partenaires sont d’accord, nous sommes dans la phase finale administrative pour une création de Genvia au 1ermars, assure Florence Lambert. Le siège et le barycentre seront à Béziers, avec une trentaine d’opérateurs, équipe complétée par un centre de transfert technologique d’une dizaine de chercheurs à Grenoble." Si la répartition et le montant du capital de Genvia sont confidentiels, le CEA et Schlumberger seront, ensemble, majoritaires. "Il ne s’agit pas d’une start-up, commente Florence Lambert. L’investissement sera de quelques dizaines de millions d’euros."
L’usine de Béziers doit monter en puissance progressivement : de premiers démonstrateurs de quelques centaines de kilowatts seront produits en 2022. Dès 2023, la production portera sur un module de base de l’ordre du mégawatt (MW). Sur la base des résultats de la ligne pilote et des projets de démonstration, les partenaires indiquent qu’une "giga factory" devrait être lancée en 2025 pour la production d’électrolyseurs haute température à oxyde solide et de piles à combustible.
Les marchés visés par Genvia sont l’industrie, l’énergie et la mobilité.



