Réuni jeudi 16 novembre à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) le comité syndical du Sedif (Syndicat des eaux d’Île-de-France) a décidé de poursuivre son projet d’installation de la technologie de filtration membranaire haute performance dans ses trois usines de captage d’eau de la région Ile-de-France. La décision a été adoptée à l’issue du débat public qui s’est déroulé de mars à juillet dernier sur ce projet controversé représentant un investissement de l’ordre de 870 millions supporté en totalité par le syndicat.
La technologie de filtration membranaire repose sur un mix de membranes de nanofiltration et de membranes dites Osmose Inverse Basse Pression. Elle est mise en œuvre après les quatre premières étapes de traitement de l’eau (décantation, filtration sur sable, d’ozonation, filtration sur charbon) et vient compléter leurs effets. Selon le Sedif cet ajout permettra de retenir toujours plus de micropolluants, de résidus médicamenteux et de perturbateurs endocriniens.
Mise en service en 2031
Le Sedif prévoit d’équiper ses usines de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) et Méry-sur-Oise (Val-d’Oise). Le programme d’équipement prévoit, par ailleurs, la création de deux liaisons électriques souterraines haute tension permettant de renforcer et de sécuriser l’alimentation en électricité des sites de Choisy-le-Roi et Neuilly-sur-Marne. «Les travaux devraient commencer en 2027 pour une mise en service des nouvelles installations en 2031», précise un porte-parole du syndicat.
Dans le dossier soumis au débat public, André Santini, président du Sedif, a fait valoir que cette nouvelle technologie «permettra également de limiter le goût de chlore souvent reprochée à l’eau du robinet et la teneur en calcaire de l’eau distribué». Selon le syndicat cela permettrait de limiter la consommation de l’eau en bouteille, mais également de prolonger la durée de vie des appareils électro-ménagers. Ces économies potentielles viendraient contrebalancer le surcoût généré sur la facture d’eau des ménages. A l’horizon 2030-2031 le Sedif anticipe une hausse estimée entre 30 et 40 centimes d’euro par mètre cube facturée soit de 3 à 4 euros par mois et par foyer.
Opposition au projet
Les opposants au projet dénoncent une fuite en avant technologique au coût important. Ils s’étaient notamment manifestés quand le Sedif a voulu, l’an passé, tester son nouveau procédé technologique dans son usine d’Arvigny (Seine-et-Marne). Cette expérimentation n’avait pas reçu l’autorisation environnementale de la préfecture de Seine-et-Marne malgré l’avis favorable du commissaire enquêteur. Le Sedif avait finalement dû y renoncer.
Les objections des opposants portaient notamment sur la préservation des réserves en eau, la consommation énergétique du nouveau procédé ou encore le rejet dans la Seine d’un concentrat après le traitement. Autant de points soulevés lors du débat public.



