Chronique

Filiale de LVMH, Krug se dote d’un site de vinification sur-mesure dans la Marne

[Drinks stories] Avec des conditions de travail améliorées et une hygrométrie mieux contrôlée, la maison de champagne Krug s’est offert, à Ambonnay, dans la Marne, un site taillé sur-mesure pour la production de ses vins.

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Nouveau site de vinification Krug à Ambonnay (Marne)
16 personnes travailleront en permanence dans ce nouveau bâtiment, et davantage en périodes de vendanges.

Un nouvel écrin pour la fabrication des champagnes Krug. À Ambonnay (Marne), l'entreprise, filiale de LVMH, s’est dotée d’un nouveau site de vinification, baptisé Joseph et inauguré fin avril, remplaçant l’installation existante. Le bâtiment de 9500 mètres carrés, qui abrite 330 cuves, huit celliers indépendants et cinq cuveries enterrées, vise à améliorer les conditions de travail des équipes d’œnologie de Krug, et à répondre à des objectifs de qualité et environnementaux.

«L’enveloppe devait permettre un contrôle hygrométrique pour les celliers, et d’être performante par rapport à l’étanchéité à l’air», indique Stéphanie Ledoux, architecte associée au sein de l’agence AW2, qui a travaillé avec le bureau d’études Gnat Ingénierie sur le projet destiné à remplacer un vieux cellier.

Pour ce faire, l’agence a créé une boîte en béton semi-enterrée dans le sol. «Le béton est très performant en matière d’inertie thermique, et permet structurellement de réaliser des lieux à très grande portée. Nous avons pu maintenir un certain niveau de température constante, tout en limitant le recours à des sources d’énergie tierces», explique Stéphanie Ledoux. Deux corps de bâtiments sont visibles en surface. Ils sont constitués d’une charpente bois, en lamellé-collé, avec deux corps de bâtiment. Objectif : faire écho à l’usage du bois chez Krug, par l’intermédiaire de la vinification en fûts de chêne.

Des conditions de travail améliorées

La conception du nouveau centre de vinification a permis aux équipes de Krug de se passer d’abreuvage. Auparavant, le bois subissait les variations de température : dès qu’il fait chaud, il séchait ; dès qu’il faisait humide, il gonflait. Les fûts de chêne devaient donc être arrosés pour éviter qu’ils ne sèchent. En maintenant une hygrométrie permanente, ces opérations ne sont plus nécessaires.

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Les travaux réalisés en amont entre Krug, le cabinet d’architectes et le bureau d’études ont par ailleurs permis d’éliminer le travail en hauteur. Les concepteurs ont aussi imaginé un stockage de fûts sur deux rangées au lieu de quatre, et ont développé un nouveau rack, qui permet de ne plus déplacer tous les fûts pour retirer l’un d’entre eux. Les locaux de travail permanents ont quant à eux été installés en partie centrale du bâtiment, afin de limiter les cheminements et favoriser les échanges.

Des matériaux sans colle ni solvant

Autre impératif, l’enjeu environnemental. Le bâtiment est certifié Haute qualité environnementale, au niveau "excellent". Des pompes à chaleur ont été installées, tout comme un système de free-cooling, qui permet de récupérer des calories au moyen d’échangeurs. Côté matériaux, ceux-ci ne contiennent ni colles ni solvants qui auraient pu se retrouver dans l’air ou dans les vins. «Chaque matériau doit être garanti sans composés organiques volatils, et nous avons été aidés par le bureau d’études», précise Stéphanie Ledoux.

Le choix du site d’Ambonnay pour accueillir l'installation de 24 millions d'euros ne doit lui non plus rien au hasard : son 0,68 hectare de vignes permet d’apporter «une goutte dans chaque grande cuvée de la maison», rappelle Olivier Krug, le directeur de l’entreprise.

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