Deux nouveaux vaccins sont recommandés pour s’intégrer dans la campagne de rappel contre le Covid-19 : le VidPrevtyn de Sanofi, avec l’adjuvant pandémique de GSK, ainsi que le Nuvaxovid de Novavax. C’est la recommandation de la Haute autorité de Santé (HAS) formulée mercredi 8 décembre. L'autorité profite de l’occasion pour sonner l’alarme d’une campagne de rappel en retard, au moment où tous les indicateurs sont très mal orientés et démontrent un vrai regain de l’épidémie de Covid-19 en France. En revanche, la HAS a rendu un avis défavorable pour intégrer le vaccin de Valneva, ni en rappel, indication qui n’est de toute façon pas encore autorisée dans l’UE, ni en primo-vaccination, en raison de manque de données d’efficacité face au variant Omicron. La HAS considère que l’offre en primo-vaccination est suffisamment large.
Aujourd’hui, les vaccins bivalents – donc intégrant une protection contre la souche originelle et contre le variant Omicron - de Spikevax (Moderna) et Comirnaty (Pfizer/BioNTech) demeurent «recommandés en première intention et préférentiellement en rappel», souligne Elisabeth Bouvet, présidente de la Commission technique des vaccinations à la HAS. Ce sont bien ces deux nouveaux vaccins, à ARNm, qui demeurent à privilégier pour une vaccination de rappel ou une primo-vaccination selon la HAS. Mais désormais, les vaccins de Sanofi et de Novavax sont autorisés en rappel «pour les personnes qui ne pourraient pas ou ne voudraient pas de vaccins ARNm», précise encore Elisabeth Bouvet.
Sanofi et Novavax en rappel après n'importe quel vaccin reçu
Autorisé depuis le 10 novembre pour une utilisation de rappel en Europe, le VidPrevtyn est recommandé en rappel par la HAS pour tous les adultes, et ce, quels que soient les vaccins utilisés auparavant. Pour le Nuvaxovid, déjà autorisé depuis un an en primo-vaccination, la recommandation ouvre la voie à une autorisation pour l’utilisation en rappel, qu’elle soit homologue (après une primo-vaccination avec ce vaccin) ou hétérologue (après n’importe quel vaccin). Ces deux vaccins n’ont pas recours à une technologie ARNm, mais utilisent une protéine recombinante. En revanche, pour le vaccin de Valneva, la HAS ne lui accorde aucun feu vert, malgré l’autorisation reçue au niveau européen depuis le 24 juin 2022 pour une utilisation en primo-vaccination. L’avis n’est «pas favorable compte tenu des données» car il n’y «a pas de données d’efficacité clinique ni immunologique avec les variants», alors que le variant Omicron est omniprésent dans les infections détectées en France, indique Elisabeth Bouvet. Ajoutant que le vaccin n’était pas indispensable non plus en France, «étant donné l’arsenal vaccinal disponible» pour les primo-vaccinations.
La HAS préconise une application de ses recommandations dès maintenant. C‘est à la direction générale de la Santé, donc au ministère de la Santé et de la Prévention, d’autoriser le déploiement et la mise à disposition des vaccins VidPrevtyn et Nuvaxovid dans la campagne de rappel. Fin novembre, le ministère de la Santé avait indiqué que 27 000 doses du vaccin de Novavax étaient disponibles, et que 2,7 millions de doses du vaccin de Sanofi/GSK avaient déjà été réceptionnées, pour un total attendu de 19,6 millions de doses.
La HAS tire la sonnette d'alarme en plein regain épidémique
La HAS souligne l’urgence de muscler la campagne de rappel dans un contexte de regain épidémique. Infections, hospitalisations, placements en réanimation et décès sont tous en augmentation. «Les rappels aujourd’hui ne sont pas au niveau de ce qu’ils devraient être pour protéger les personnes vulnérables ni le système hospitalier», regrette Dominique Le Guludec, présidente du collège de la HAS. L’organisme ne se prononce pas sur la nécessité de rappels pour toute la population, avec la règle de six mois après le dernier rappel ou de trois mois après une infection. La HAS appelle d’urgence à vacciner toutes les populations vulnérables. Donc les personnes de plus de 80 ans, qui ne seraient que 23% suffisamment protégées en France.
Pour cette catégorie, comme pour celle des personnes immunodéprimées, la recommandation est un rappel trois mois seulement après le dernier rappel. Les populations prioritaires sont également tous les gens âgés de 60 à 79 ans, qui ne seraient que 38% suffisamment protégés, ainsi que toutes les personnes de moins de 60 ans présentant des comorbidités et des facteurs de risques, les femmes enceintes, les professionnels de santé, et toutes les personnes évoluant directement dans l’entourage proche de tous ces publics précités. Donc les plus fragiles et les plus exposés à développer des formes graves de Covid-19.



