Faute d'être imposé, le télétravail doit s'adapter aux salariés de PSA, pour la CFE-CGC

Une quatrième session de discussion a eu lieu le 16 juillet entre les syndicats et la direction de PSA, pour aborder la mise en place d'un télétravail que le constructeur automobile souhaite massif, dès la rentrée. 70 % des salariés pourraient travailler à distance quatre jours par semaine. Rejetant les objectifs chiffrés, la CFE-CGC demande à ce que le dispositif s'adapte selon les besoins.

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Salle de présentation à la Direction Générale du groupe PSA au centre de Vélizy
70 % des salariés pourraient être concernés par un télétravail massif.

Le télétravail massif va-t-il devenir une norme chez PSA ? Malgré les inquiétudes et réticences des syndicats et employés, la direction du groupe semble vouloir aller en ce sens. Depuis l'annonce surprise de mai dernier, les réunions de concertation s'enchaînent avec les représentants du personnel. La quatrième, déjà, s'est terminée en fin d'après-midi, le 16 juillet.

Cette dernière session de discussions avant les congés d'été marque, pour le groupe, la fin de la période exceptionnelle de télétravail liée à la crise sanitaire. La direction a annoncé vouloir généraliser le travail à distance de 4 jours pour environ 70 % des salariés. Des tests doivent être menés à la rentrée sur tous les sites R&D de l'Hexagone.

"Ni un droit, ni un acquis, ni une obligation"

Pour la CFE-CGC, il ne doit pas y avoir d'objectif imposé lors de cette phase test. "On ne peut pas obliger les salariés à télétravailler. Certains habitent des petits logements et sont déjà restés enfermés chez eux trop longtemps, estime Anh-Quan Nguyen, délégué central du syndicat, interrogé par L'Usine Nouvelle. D'autres opèrent des machines non pilotables à distance et doivent se rendre sur site plus régulièrement".

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Au lieu d'une imposition catégorique, la CFE-CGC demande à ce que le télétravail ne s'applique qu'en cas de volontariat, avec une clause de réversibilité mutuelle. "Le télétravail n’est ni un droit, ni un acquis, ni une obligation", juge-t-elle dans un communiqué. Chaque fiche de poste devra se voir associer un nombre de jour de télétravail maximum par semaine. Un accord d'entreprise doit venir encadrer juridiquement le déploiement de la démarche, tout comme des moyens techniques et financiers.

Une démarche à adapter aux besoins

Il est également nécessaire de penser aux salariés moins familiers à l'informatique que les autres. La CFE-CGC demande à ce que soient mises en place des sessions de formations au télétravail et aux outils numériques et logiciels les plus récents. Avant tout, le télétravail se doit d'être une démarche adaptable, selon le syndicat. "Selon le projet en cours, un salarié peut avoir besoin d'aller trois fois au bureau durant une semaine, puis 0, puis deux", ajoute Anh-Quan Nguyen.

Les discussions entre syndicats et direction doivent reprendre à partir de septembre. En plus des questions du déploiement et de l'accompagnement du télétravail généralisé, d'autres thèmes doivent être abordés, comme le futur du groupe et l'évolution du travail des managers, qui s'habituent déjà à devoir diriger leurs équipes à distance.

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