Face au pessimisme sur la santé financière d’Atos, son président Jean-Pierre Mustier monte au créneau

Président d’Atos, Jean-Pierre Mustier n’a pas apprécié les récentes critiques sur la santé financière de son groupe et le poids de sa dette. L’entreprise doit indiquer son choix parmi les trois offres de restructuration présentées d'ici au 31 mai.

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Atos compte 105 000 salariés dans le monde.

Alors que les rebondissements s’enchaînent entre les trois candidats à la reprise d’Atos, Jean-Pierre Mustier, son président, apprécie peu leurs critiques sur la santé financière réelle de son groupe. «Le conseil d'Atos ne peut pas accepter les récentes déclarations publiques inacceptables qui portent atteinte à la réputation du groupe et souhaite que ces commentaires cessent immédiatement pour permettre à nos salariés de continuer de travailler sereinement pour soutenir nos clients avec toute l'énergie et le dévouement qu'ils montrent tous les jours», a indiqué le dirigeant dans une déclaration publiée par Les Echos. Jean-Pierre Mustier a également rappelé que la reprise du groupe français aux 105000 salariés doit se faire selon «une procédure cadrée et ordonnée».

Trois offres ont été déposées : celle de EP Equity Investment (EPEI) contrôlé par Daniel Kretinsky en partenariat avec le fonds britannique Attestor, celle de OnePoint, le cabinet de conseils numériques de David Layani et une dernière qui provient de porteurs obligataires associés à plusieurs banques.

BNP Paribas aurait été écartée des négociations

Deux visions s’affrontent. David Layani propose de préserver l’intégrité d’Atos avec l’injection d’argent frais et une augmentation de capital. À l’inverse, Daniel Kretinsky, prévoit d'effacer plus de 90% de la dette financière de 4,8 milliards d'euros du groupe et d’en céder une grande partie, dont le produit serait en partie distribué aux créanciers. Reste à convaincre les banques de suivre.

«Atos est en train de tomber de la falaise [...] la vitesse du déclin est tout simplement énorme, s’est récemment alarmé un porte-parole d’EPEI auprès du Figaro en soulignant les mauvaises perspectives pour la marge opérationnelle et le carnet de commandes du groupe. Si [la] restructuration n'est pas conduite en tenant compte de la réalité de la situation financière de la société, il n'y aura plus rien dans un an.»

Si ce pessimisme semble agacer Jean-Pierre Mustier, il semble aussi toucher le cercle des banques prêtes à participer à financer le sauvetage d’Atos. Selon Les Echos, BNP Paribas, «jugée trop proche» de la vision de Daniel Kretinsky aurait été mise à distance des négociations. Ce feuilleton financier devrait s’achever le 31 mai, date à laquelle Atos doit indiquer son choix parmi les trois offres de restructuration présentées.

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