Face à une baisse des volumes, Kronenbourg mise sur la montée en gamme du rayon bière

Le brasseur alsacien Kronenbourg a profité de la présentation de ses résultats annuels ce 4 octobre pour faire part de son optimiste quant à la croissance du rayon bière qui traverse une période tumultueuse avec une baisse des volumes vendus. L'entreprise voit son salut dans la montée en gamme du rayon, qu'elle compte continuer d'accompagner. 

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Tourtel Twist : ligne d'assemblage à Obernai (Kronenbourg)
Les bières sans alcool sont un relai de croissance bien identifié par l'entreprise.

La déconsommation avec modération. Le brasseur Kronenbourg, filiale du Danois Carlsberg, a indiqué maintenir sa part de marché sur les neufs premiers mois de 2023, dans un rayon bière chahuté par des consommateurs qui se serrent la ceinture (-4,7% en volume), à l’occasion de la présentation de ses résultats annuels de l'exercice 2022 ce 4 octobre.

Les premiers mois de l'année 2023 ont été marqués par des hausses de prix décidées par le brasseur installé dans le Bas-Rhin. Un changement de cap après une année 2022 davantage orientée vers les volumes et le gain de parts de marché, avec un chiffre d’affaires et une croissance des ventes en France en progression de respectivement 9,6% et 9,3%. «Une année avec une performance commerciale plutôt favorable mais une performance financière plutôt dégradée», a commenté le norvégien Anders Røed, PDG de Kronenbourg. La marge opérationnelle de la maison mère Carlsberg en Europe de l’ouest est aussi passée de 15% à 13,9% entre le premier semestre 2022 et le premier semestre 2023.

Tout pour le premium

Ce qui ne l’empêche pas de garder le cap. «Nous croyions toujours dans une belle croissance du marché de la bière en France, détaille le patron. La consommation de bière par capita reste assez faible comparativement au reste de l’Europe. La préférence des bières par rapport aux autres alcools comme le vin progresse, surtout chez les jeunes générations. Cela nous donne de la confiance.»

Kronenbourg mise toujours sur une stratégie de montée en gamme de la catégorie. L’entreprise a d’ailleurs annoncé ce 4 octobre devenir «Brasseries Kronenbourg» pour fusionner avec House of Beer une filiale qui commercialise des bières «premium» comme La Bête, Brooklyn Brewery ou Pietra en CHR (Cafés-hôtels-restaurants) et poursuivre son offensive sur ce segment. Kronenbourg compte par ailleurs profiter du développement des bières sans alcool, à l’image de la gamme Tourtel Twist. «Tout ce qui est plus valorisé continue de croître dans notre portefeuille», a résumé Anders Røed.

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Il faudra de toute façon batailler sur les marges, alors que la pression des politiques et des distributeurs se fait constante sur le sujet. Face à des «augmentations de coûts de production de dizaines de millions d’euros», dixit le Norvégien, le brasseur estime avoir du mal à voir «à date comment [il] pourrait baisser [ses] tarifs». Un levier d’économie est bien identifié, celui du développement de la canette à la place des bouteilles. «Sur les marchés (exception faite de l’Allemagne) où la consommation est beaucoup plus développée, comme dans les pays de l’Est, 80% de la bière vendue l’est en canette – soit l’exact inverse de la France, note Anders Røed. Les bouteilles n'y sont disponibles que sur les marques très premium. Je ne sais pas si ce sera le marché de demain en France, mais la canette est en forte croissance.»

Son empreinte écologique est moindre que la bouteille, Kronenbourg à la capacité d’en produire davantage dans son usine du Grand Est à Obernai, l’industriel susurre qu’il marge plus sur les canettes que sur les bouteilles… Cela ressemble à une bonne idée. A condition que le consommateur en veuille. Les derniers venus de la gamme arborent bien le verre.

Mise en service d'une nouvelle ligne de conditionnement à Obernai

La brasserie géante d'Obernai (Bas-Rhin) où sont produites toutes les bières de Kronenbourg en France a accueilli une nouvelle ligne de conditionnement pour 20 millions d'euros, dédiée à la 1664, qui sera mise en service en cette fin d'année. L'entreprise continue ses investissements sur son site de production, où elle a investi 55 millions d'euros ces deux dernières années. 

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