Entre IA et production de biocarburants, Suez veut innover dans la gestion des déchets

Lors d'un «Innovation day», Suez a annoncé, mardi 20 juin, des initiatives pour favoriser le recyclage et la valorisation des déchets. Par exemple : extraire du sucre des papiers et cartons pour produire du biocarburant !

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Poubelles tri
L'intelligence artificielle doit permettre d'améliorer le tri des déchets en UVE et pour le recyclage. (image d'illustration)

Le tri des déchets, un métier de plus en plus technologique ? Suez en est persuadé et a présenté des pistes de recherche et d'expérimentation plus ou moins nouvelles le 20 juin à Paris lors d'un "innovation day".

«Notre plan stratégique donne la priorité à l’innovation, a rappelé Sabrina Soussan, la PDG de Suez. Nous allons doubler le budget de la R&D entre aujourd'hui et 2027. Nous allons multiplier le budget par deux sur l’innovation dans les déchets, par quatre pour les solutions de décarbonation, et nous allons investir 40 millions d’euros dans les technologies de capture, de valorisation et de séquestration du carbone.» Et Suez de rappeler qu’il dispose de 1100 experts dans 20 domaines et 1700 brevets dont le tiers dans le digital, le tout avec 10 centres de R&D et d’excellence dans le monde.

L’IA pour mieux trier les déchets

Parmi les innovations explorées par Suez, il y a l'intelligence artificielle. L'outil Qualiwaste UVE utilise l'IA pour mieux connaitre la composition des déchets. Objectif : éviter des blocages avec des déchets trop volumineux ou repérer des déchets non déclarés qui ne brûlent pas, ou des matières qui devraient être recyclées et non brûlées. 18% des déchets qui arrivent en unité de valorisation énergétique pourraient être valorisées et 8,5% des déchets sont indésirables. «Nous utilisons des caméras pour filmer les plaques des camions et la fosse de l’UVE (unité de valorisation énergétique, NDR) pour filmer le déversements de la benne. Un logiciel repère les intrus, indique Delphine Baudu-Cagniard, directrice de projets chez Suez. Nous sommes en cours de développement sur deux sites à un stade préindustriel avec un taux de réussite qui atteint déjà 90%. Nous envisageons un déploiement en fin d’année. »

Extraire le sucre des papiers et cartons

Une autre révolution pourrait concerner les transports et plus particulièrement l’aérien. « L’électricité concernera ce qui roule, mais les avions ne voleront jamais avec cette énergie, prévient Jérôme Bailly. Ils continueront à utiliser du kérosène et une partie de biocarburants.» Suez veut contribuer à produire ces biocarburants de deuxième génération. Le groupe français a mis au point dans son centre de recherche BioResourceLab, Fibers-to-Sugar. Un procédé qui extrait du sirop de sucre non-alimentaire des papiers et cartons de mauvaise qualité non réutilisés en papeterie et les plus souvent incinérés ou exportés. Ce sucre peut ensuite être transformé en molécules pour la chimie verte ou pour produire du bioéthanol. «Nous évaluons le gisement à 10 millions de tonnes en Europe et 1 million de tonnes en France, estime Marion Crest, ingénieur R&D et responsable du cluster WasteWater & Organic Waste au CIRSEE, principal centre d'expertise et d'innovation de Suez. Un test pilote devrait être lancé en 2024. »

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