En Italie, le gouvernement reste prudent sur la stratégie vaccinale contre le Covid-19

En Italie, pays européen durement frappé par le Covid-19, le gouvernement a présenté début décembre les grandes lignes de la stratégie vaccinale du pays. Si la campagne semble emprunter le même chemin que dans les autres pays européens, avec la vaccination des résidents et du personnel des établissements pour personnes âgées en janvier, la suite reste floue.

 

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vaccin seringue piqure
Le gouvernement italien a détaillé les enjeux de la vaccination autour de sept grands axes.

Face aux parlementaires italiens, mardi 2 décembre, le ministre de la Santé, Roberto Speranza, a présenté les principaux volets de la stratégie de vaccination du pays. Son allocution était accompagnée d'un document de 13 pages, publié par son ministère, avec le concours l'Institut supérieur de la santé et le Commissaire aux situations d'urgence liées à la Covid-19, détaillant plus précisément les enjeux de cette campagne. Mais le document ressemble davantage à une suite d'intentions qu'à un plan d'action concret, et des zones d'ombres demeurent.

Un vaccin gratuit devant être autorisé le plus vite possible

Selon le ministre, sept axes guident l'action du gouvernement sur les vaccins. Le premier concerne le statut du traitement, que Roberto Speranza a qualifié de "bien commun". Le vaccin est un "droit qui doit être garanti à tous, quels que soient leurs revenus et le territoire sur lequel chacun travaille". Comme dans le reste des pays de l'Union européenne, il sera donc gratuit. Le deuxième porte sur le nombre de doses disponibles. A cet égard, le gouvernement donne un chiffre global très précis – 192,347 millions de doses - sans s'avancer sur la quantité qui le sera dès janvier. Le troisième pose le problème des délais d'autorisation, que le ministre a qualifié de "course contre la montre (…) qui va de pair avec une sécurité maximale et le respect total de tous les protocoles de garantie et de contrôle".

Population à vacciner prioritairement et logistique 

Le quatrième axe identifie les catégories à vacciner en priorité : agents sanitaires et sociaux, résidents et personnels des Rsa (les Ehpad transalpins). "Naturellement, avec l'augmentation des doses de vaccin, les autres catégories de population seront vaccinées", a rappelé le ministre. Si le gouvernement ne dit pas quels groupes suivront, il chiffre les besoins en personnel médical. "Le personnel des unités de vaccination sera constitué par un nombre flexible de médecins, d'infirmières, d'assistants de santé. On estime, à l'heure actuelle, un besoin maximum d'environ 20 000 personnes", écrivent les autorités. A cet égard, il est prévu d'agir "en recourant temporairement à un nombre considérable de professionnels de santé dans le pays, notamment par la publication d'un appel aux volontaires."

Le cinquième volet se concentre sur la logistique de transport et de stockage, qu'il convient au Commissaire aux situations d'urgence de diriger. Selon le document accompagnant la déclaration, les vaccins "seront livrés directement par le fabricant dans 300 points de livraison" à travers le pays, sans détailler comment ils seront ensuite acheminés dans les centres de soins. La participation des forces armées est prévue pour l'acheminement et la distribution. Le matériel nécessaire à la vaccination – comme les seringues et les diluants – émanera d'une double commande, de la part des autorités européennes et du Commissaire. En revanche, les équipements de protection individuelle et les désinfectants seront à la charge du gouvernement.

Le sixième axe pose le problème de la défiance vis à vis de la vaccination, à laquelle le gouvernement oppose une communication "transparente, continue et proactive". Selon le quotidien La Republicca, 16% des Italiens ne seraient pas disposés à se faire vacciner. Un numéro de téléphone dédié et un portail internet gérés par des "représentants du monde médico-scientifique" seront mis à la disposition des Italiens. Enfin, le dernier axe concerne le suivi des patients et la pharmacosurveillance, sans que le document ne donne davantage de détails.

Un vaccin obligatoire pour le personnel de santé ?

En Italie, la crainte d'une réticence importante de la part du personnel de santé soulève la question de l'obligation vaccinale pour cette catégorie socio-professionnelle. Selon les informations de La Republicca, le gouvernement italien élabore "un plan de formation", et réfléchit à imposer le vaccin dans le cas où l'adhésion du personnel de santé s'avérerait trop faible. "Car un tel scénario risquerait d'alimenter des soupçons parmi les plus sceptiques et les indécis", écrit le quotidien.

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