Le fabricant d'équipements de trail Raidlight a ouvert deux ateliers de confection en Isère, dans le but d'augmenter sa production française.
Comme en témoigne la collection de trophées dans son bureau, Benoît Laval est un homme de défis. Le marathon des Sables au Maroc, l’Himal Race dans l’Himalaya, la Diagonale des Fous à la Réunion… Ce vice-champion de France de trail cumule plus de 200 courses à pied d’aventure à son actif.
Une passion au cœur de sa profession, lui qui a fondé, en 1999, Raidlight, une marque spécialisée dans les équipements pour le trail running. Basée à 1000 mètres d’altitude, à Saint-Pierre-de-Chartreuse (Isère), l’entreprise compte aujourd’hui 38 salariés, pour près de 6 millions d’euros de chiffre d’affaires.
La plus récente «montagne» que Benoît Laval s’attelle à gravir diffère toutefois des précédentes : il s’agit de la production locale en France. En moins de six mois, Raidlight vient en effet d’ouvrir deux nouveaux ateliers de confection dans la région : à Veurey-Voroize (Isère), près de Grenoble, en septembre 2024, et à Notre-Dame-des-Millières, aux portes d’Albertville (Savoie), en février 2025. Ces sites s’ajoutent à celui du siège de Saint-Pierre-de-Chartreuse (Isère), ouvert en 2014, à la suite d’un appel à projets du ministère de l’Industrie pour développer le «made in France». «On préférerait évidemment avoir tout le monde au même endroit, mais nous devons varier les bassins d’emploi, afin d’atténuer notre difficulté à embaucher des salariés qualifiés dans les métiers de la couture», atteste le dirigeant.
20% des ventes réalisées en France
Outre le recrutement, le défi de la production locale tient aussi, et surtout, au coût de la main-d'œuvre, de deux à cinq fois supérieur à celui des sous-traitants asiatiques de Raidlight. «D’autant que nous devons vendre à un prix similaire. Nos clients n’achètent pas parce que c’est “made in France”, mais parce que nos produits vont les aider à réussir la course de leur vie, peu importe leur origine», ajoute Benoît Laval.
La solution à cette complexe équation ? D’une part, l’usage de technologies, comme la découpe laser ou l’impression par sublimation. D'autre part, la spécialisation hexagonale sur des produits nécessitant peu de temps de manipulations humaines, comme des sous-vêtements, des maillots, des shorts, voire des sac à dos ultra légers. Enfin, une marge brute moindre de 5 à 10%... qui est toutefois compensée par une meilleure gestion de stocks, le grand avantage de la production locale.
«Le made in France nous permet de gagner en agilité. On peut produire un nouveau sac à dos en plusieurs coloris à une centaine d’exemplaires, afin de voir ceux qui se vendront le mieux», complète le dirigeant. «Alors qu’en Asie, il faudrait commander des milliers de pièces de chaque, les stocker et organiser des fins de série pour écouler les invendus», complète-t-il.
Une stratégie qui porte ses fruits : Raidlight produit aujourd'hui 25000 pièces par an en France, ce qui représente 20% de ses ventes. L’ambition de l’entreprise iséroise ? Atteindre les 9 millions d'euros de chiffre d’affaires d’ici à 2030. «Tout en préservant cette part made in France», précise Benoît Laval.



