Voilà une start-up française de la biotech que la crise du Covid-19 a permis de mettre en lumière. Grâce à sa maîtrise de la synthèse enzymatique de l’ADN, DNA Script a été en mesure de fournir rapidement plusieurs spécialistes de tests RT-PCR en ADN de synthèse dont ils avaient besoin. Ces derniers faisaient face à des retards de livraisons de la part de leurs fournisseurs, les acteurs de la synthèse chimique d’ADN – parmi lesquels on retrouve l’américain Integrated DNA Technology (IDT), le français Eurofins ou le belge Eurogentec, propriété du groupe japonais Kaneka.
Forte de sa trentaine de familles de brevets déposées dans la maîtrise de la synthèse enzymatique, une méthode radicalement différence de la traditionnelle synthèse chimique, plus lente et plus complexe, la jeune pousse française aux 73 employés, fondée en 2014, compte bien profiter de cette lumière pour acquérir de nouveaux clients potentiels pour sa future Syntax, une véritable « imprimante à ADN » qui permettrait de produire de l’ADN de synthèse directement sur place, plutôt que d’en commander aux chimistes.
Interrogé par
Industrie & Technologies en mai%%/ARTICLELIE:1812917%%, le PDG Thomas Ybert a accepté d’ouvrir les portes du laboratoire de la start-up, au Kremlin-Bicêtre, en banlieue parisienne, au photographe d’I&T, Pascal Guittet.
Guittet Pascal Thomas Ybert : « On développe ici tous les nucléotides (A, C, T, G) qui, grâce à une enzyme modifiée, formeront de l’ADN de synthèse grâce à une réaction de polymérisation. Nous avons aussi fabriqué nous-mêmes le support sur lequel sera constitué cet ADN synthétique – dont nous ne pouvons pas dévoiler la nature. »
Guittet Pascal Thomas Ybert (présent sur l'image ci-dessus) : « Après avoir utilisé des machines très standard, appelées liquid handlers, pour faire nos synthèses d’ADN, pratiques car versatiles mais très lentes, nous avons développé trois prototypes qui nous ont permis de tester divers formats et différentes technologies d’injection du liquide. Nous avons ensuite fabriqué, avec un spécialiste de l’instrumentation, un prototype plus avancé – un "breadboard" - en fonction de nos choix technologiques. Celui-ci est l’ancêtre de Syntax bêta, ici en partie démontée, équipée d’un écran de contrôle, d’un compartiment à cartouches de réactifs, un plateau sur lequel on installe les consommables. Dans cette version bêta, on charge les données de la synthèse par clé USB, mais dans sa version finale, Syntax sera directement reliée au système informatique du laboratoire. »
Guittet Pascal Thomas Ybert : « Ici on produit plusieurs centaines voire milliers de fragments d’ADN de synthèse tous les jours, soit pour les envoyer aux gens qui en ont besoin – comme c’était le cas pour les spécialiste du test RT-PCR pour détecter le virus SARS-CoV-2 -, soit pour savoir où on en est au niveau des performances (temps…). Généralement, une synthèse dure entre 2 et 6 heures - jusqu’à tout un weekend si l’on veut synthétiser un fragment d’ADN particulièrement long. »
Guittet Pascal Thomas Ybert : « Une fois qu’on a notre fragment d’ADN synthétique, une poignée de personnes l’utilise comme s’ils étaient nos futurs clients. Typiquement, nous avons des machines pour faire un test RT-PCR [visibles au fond, à droite de l'image, ndlr]. Dans le cadre du Covid-19, on a synthétisé l’ADN dont on avait besoin et on a acheté le même ADN de synthèse chez les fournisseurs, spécialistes de la synthèse chimique et on fait l’expérience avec les deux en parallèle pour comparer les résultats. »
Guittet Pascal 


