En cédant son activité bancaire, Orange poursuit son recentrage

A l'issue d'une revue stratégique, Orange a annoncé le 28 juin être entré en négociation exclusive avec BNP Paribas afin que ce dernier récupère les clients d'Orange Bank. Pour l'opérateur télécoms, qui accompagnera les 700 salariés concernés, c'est une page de l'héritage de Stéphane Richard qui se tourne.

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Orange Bank carte
La carte bleue Orange bank sera bientôt collector.

Orange continue son grand ménage. Après la vente des chaînes de cinéma OCS à Canal Plus, c'est au tour d'Orange Bank, un des projets phares de Stéphane Richard, le précédent PDG, de cesser toute activité sous la forme actuelle. Il s'agissait de l'une des principales activités de diversification de l'opérateur en dehors des télécoms. Depuis son arrivée, Christel Heydemann, la directrice générale, n'avait pas caché son ambition de recentrer le groupe sur son coeur de métier. Mercredi 28 juin, à l'issue d'une revue stratégique, le conseil d'administration d'Orange a confirmé l'information qui circulait depuis quelques heures. L'opérateur est parvenu à un accord avec BNP Paribas. L'établissement financier assurera la continuité de service pour les quelque deux millions de clients d'Orange Bank, qui deviendront des clients de BNP Paribas.

Côté finances, le bât a blessé. Quelques années après son lancement en 2017, la perte d'exploitation cumulée d'Orange Bank a atteint 1 milliard d'euros. Pour mémoire, l'activité bancaire s'est développée en rachetant Groupama banque, plutôt qu'à partir d'un développement ex-nihilo interne. Censé devenir rentable en quatre ou cinq années, ce projet a donc engendré des pertes récurrentes pour l'opérateur, à un moment où il avait besoin de cash. La situation économique du secteur des télécoms est en effet devenue sinon critique, beaucoup moins facile. En Europe, les opérateurs font face à une importante concurrence sur des marchés de taille plutôt modeste - comparé aux Etats-Unis - ce qui contraint les recettes d'un côté. Pendant ce temps, les dépenses d'investissements sont importantes, avec la modernisation continue des réseaux mobiles (de la 4G à la 5G) ou l'équipement en fibre optique. 

Nouveaux concurrents très dangereux

Pour ne rien arranger, les grandes entreprises du numérique ont capté une part de la valeur. Et l'épidémie de Covid-19 n'a pas profité à Orange. La vague de télétravail forcé pendant les confinements a changé les habitudes. Nombre d'entreprises ont "goûté" les outils de type Teams, Slack, ou Google Meet. Autant de perdu pour la grande activité rentable des télécoms : le B to B. Pour se recentrer et investir dans le réseau, Christel Heydemann devait donc couper les branches qui tardaient à donner des fruits et qui continuaient à nécessiter des investissements. 

Comme il ne s'agit pas d'une vente à proprement parler, les 700 salariés d'Orange Bank ne sont pas concernés. Orange prévoit de leur proposer un reclassement. Inquiets, ceux-ci ont débrayé pendant une heure mercredi 28 juin. Dans le communiqué publié ce même jour en fin de journée, Christel Heydemann précisait : « L’évolution du marché bancaire nous amène aujourd’hui à projeter la banque dans une nouvelle étape. Notre priorité sera l’accompagnement exemplaire de l’ensemble de nos collaborateurs et de nos clients. Ce processus sera mené en toute transparence dans le cadre de notre dialogue avec nos instances représentatives du personnel. »

Jeudi 29 juin, la CFE CGC d'Orange dénonçait l'arrêt des activités d'Orange Bank dans un communiqué. L'organisation syndicale, qui représente 62 % des salariés, regrette le recentrage qu'elle assimile à « un renoncement de faire d'Orange autre chose qu'un opérateur de tuyaux, alors qu'Orange est une marque unique dans le monde des opérateurs télécoms ». La solution retenue, par ailleurs, n'a pas la faveur de la CFE CGC qui aurait estimé plus logique un rapprochement avec les activités bancaires de la Poste. L'Etat actionnaire à 100% et présent au capital d'Orange devrait, toujours selon le communiqué, oeuvrer à constituer « un pôle de services numériques solide et pérenne au service de la souveraineté numérique de notre pays ».

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