Eminence diversifie son activité et injecte 10 millions d’euros dans son siège d'Aimargues, dans le Gard

Leader en France du sous-vêtement masculin, la société gardoise Eminence (groupe Delta Galil) se diversifie. Il vise le marché féminin avec le rachat de la marque Passionata, et les produits techniques. En 2024, 10 millions d’euros vont moderniser le siège-usine et la base logistique d’Aimargues.

Réservé aux abonnés
Atelier de coupe sur le site Eminence d' Aimargues (Gard).
Atelier de coupe sur le site Eminence à Aimargues (Gard).

Pour ses 80 ans en 2024, l’industriel textile gardois Eminence (100 millions d’euros de chiffre d’affaires, 500 salariés en Europe dont 450 en France) veut se donner une nouvelle jeunesse en engageant près de 10 millions d’euros d’investissement à Aimargues dans le Gard, où se trouvent le siège social et l’une des deux usines (l’atelier de confection est à Sauve, également dans le Gard).

Sur ce total, 4 millions sont dédiés à la rénovation et l’optimisation énergétique du siège (durant les travaux qui doivent s’achever à l’été 2024, 30 salariés sont transférés dans l’usine et 110 dans des locaux loués à Aigues-Mortes). Eminence injecte aussi 3 millions d’euros dans le renouvellement des outils informatiques et 2 millions pour agrandir la zone de picking, installer de nouveaux convoyeurs et la climatisation dans sa base logistique d’Aimargues. «Nous avons aussi investi 1 million il y a quelques mois pour rapatrier à Aimargues et moderniser deux machines de découpe à emporte-pièces venues de la filiale italienne», ajoute Antonio Iandolo, qui dirige depuis 2022 la filiale de Delta Galil.

Diversification vers la femme

Si Eminence investit, c’est que le leader du sous-vêtement masculin en France (31,5% de part de marché valeur) a de nouvelles ambitions. «Nous sommes passionnés par la croissance, avec une bonne rentabilité», assure Antonio Iandolo. Eminence a racheté au 1er février 2024 la marque de lingerie Passionata (33 millions d’euros de ventes nettes en 2022) à Chantelle. Après quelques mois de transition avec Chantelle, Eminence gérera Passionata en direct depuis Aimargues à partir de juillet 2024. L’industriel adapte ses ressources humaines avec l’embauche d’une trentaine de personnes sur le plan commercial, design et logistique. Les produits Passionata, fabriqués en Asie, seront distribués mondialement à partir d’Aimargues.

L’industriel doit s’adapter pour répondre à un marché très différent de ses marques Eminence et Athena. Très françaises, ces dernières sont vendues en grandes surfaces et par en ligne, alors que Passionata vend dans les circuits de ventes au détail de 18 pays. «Le marché femmes ajoute de la complexité, avec beaucoup plus de références, explique le directeur des opérations Éric Abriat. Nous devrons aussi livrer les magasins en flux continu, tous les jours. Nous prendrons la distribution progressivement pays par pays, en commençant par l’Allemagne, puis l’Italie et l’Espagne. L’effet de Passionata se ressentira à plein en 2025.» Eminence prévoit de créer dès 2024 le site e-commerce de Passionata, de lancer de nouvelles gammes loungewear (vêtements de détente), nuit ou maillots de bain et d’ouvrir ensuite les marchés des Etats-Unis et de Taïwan.

Atelier de conditionnement de produits d'Eminence à Aimargues (Gard)Eminence
Atelier de conditionnement de produits d'Eminence à Aimargues (Gard) Atelier de conditionnement de produits d'Eminence à Aimargues (Gard) (PIERRE BRUYNOOGHE)

Atelier de conditionnement de produits Eminence à Aimargues (Gard). © Eminence

Sur le créneau des produits techniques

Eminence creuse aussi le créneau des vêtements techniques (notamment pour les armées), qui apporte déjà 10% du chiffre d’affaires. Bonne nouvelle : Eminence fait partie du groupement lauréat du marché de quatre ans (montant confidentiel) du «vestiaire» du ministère de l’Intérieur pour les policiers et gendarmes. Il fournira des T-shirts, polos et chemises tactiques, «dont les tissus seront faits à Aimargues et les pièces en Afrique du Nord», précise le directeur des opérations.

Pour lui, Eminence réussit dans ces produits techniques grâce à son savoir-faire industriel. «Nous sommes capables de concevoir le produit de la fabrication du tissu jusqu’à l’expédition du produit fini. Nous avons des ateliers de développement-méthodes, tricotage, coupe et confection, ce qui est extrêmement rare en France», ajoute-t-il. Toutefois, Eminence, qui forme en interne ses opérateurs, se dit «esseulé au niveau des formations textiles, alors qu’il faut trois ans pour former une opératrice de production», souligne la directrice des ressources humaines Gersende Heslot. Antonio Iandolo le regrette. «Le gouvernement parle beaucoup de réindustrialisation, mais dans les actes, l’entreprise n’a aucune aide. Pour faire de la réindustrialisation, il faut des gens pour faire tourner les machines et de l’aide pour pérenniser le savoir-faire en France».

Abonnés
Le baromètre des investissements industriels en France
Nouvelles usines, agrandissement de sites industriels existants, projets liés à la décarbonation… Retrouvez dans notre baromètre exclusif toutes les opérations classées par région, par secteur industriel, par date d’annonce et de livraison.
Je découvreOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
78 - Rambouillet
Date de réponse 30/04/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs