Ineos utilise de l’huile de pyrolyse à Lavera pour produire des plastiques recyclés

Ineos commence à utiliser de l'huile de pyrolyse, dérivée de déchets plastiques, dans son craqueur de Lavera pour produire de l'éthylène et du propylène renouvelables. Ces oléfines sont ensuite polymérisées à Lavéra, Sarralbe et Rosignano, pour produire des plastiques recyclés.

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Ineos, Lavéra
Vue de la plateforme de Lavera.

Seul maître à bord sur la plateforme de Lavéra (Bouches-du-Rhône), depuis qu’il a repris la participation de 50 % de TotalEnergies, il y a un peu plus d’un an, le pétrochimiste britannique déroule sa stratégie de décarbonation, comme annoncé. En témoigne le lancement d’une nouvelle production de plastique recyclé grâce à l’alimentation de son craqueur en huile renouvelable, issue de la pyrolyse de déchets d'emballages plastiques post-consommation qui ne peuvent pas être recyclés mécaniquement. Pour ce faire, une partie du craqueur d’une capacité de 720 000 t/an a été adaptée pour permettre la production d’oléfines recyclées (éthylène et propylène principalement) à partir de ce naphta renouvelable, issu de déchets plastiques de source européenne. Ineos travaille pour le moment avec un partenaire en Europe, mais plusieurs sources sont possibles.

« Nous sommes activement engagés avec plusieurs partenaires, technologies et voies d'approvisionnement. Les discussions sont en cours et, en raison des sensibilités commerciales et de l'évolution des projets, nous ne divulguons pas les noms des partenaires pour le moment », ajoute le pétrochimiste.

Substituer au maximum les matières premières fossiles

Au-delà de l’huile de pyrolyse de déchets plastiques, l’installation peut aussi être alimentée en naphta dérivé de biomasse ou de déchets organiques, ceci en complément de matières premières fossiles traditionnelles. La polymérisation de ces oléfines pour produire du polyéthylène et du polypropylène recyclés de qualité vierge est ensuite réalisée dans les usines Ineos de Lavéra, de Sarralbe et de Rosignano, en Italie.

Ineos ajoute que la dimension renouvelable de ces matériaux est certifiée de manière indépendante selon le référentiel ISCC Plus, qui garantit la traçabilité des matières premières renouvelables tout au long du processus de production via le principe du bilan massique, ainsi que la véracité des allégations environnementales. Il est en effet impossible, pour le moment, d’alimenter la totalité du craqueur avec des charges de nouvelles générations. « Le pourcentage d’approvisionnement du craqueur avec ce naphta recyclé dépendra de la demande des clients, qui elle-même est dépendante des incitations mises en place pour la commercialisation, des règlementations en place ou à venir, et des mesures adéquates prises pour protéger le marché européen du recyclage des importations fossiles », poursuit Ineos.

Des incitations réglementaires

Dans tous les cas, cette initiative s’inscrit dans le cadre du règlement européen sur les emballages et déchets d’emballages (PPWR) qui fixe des objectifs ambitieux pour 2030 et 2040 en matière de recyclage. Le pétrochimiste évoque notamment les emballages alimentaires, médicaux et sensibles qui devront contenir un minimum de 10 % de matière recyclée d'ici à 2030. D’ailleurs, il travaille avec ses clients et les marques de produits de consommation pour augmenter la part de produits issus du recyclage pour les produits du quotidien ou de haute performance.

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