On ne sait toujours pas bien si le Mont Saint-Michel est situé en Bretagne ou en Normandie, mais l’industriel breton Louis le Duff semble préférer le pays du camembert pour faire affaire. Quatre mois après avoir annoncé l’abandon de son projet de viennoiserie industrielle du côté de Liffré (Ille-et-Vilaine) face aux contestations écologistes, le patron du groupe Le Duff s’est laissé convaincre d’étendre son site de Falaise (Calvados) moyennant 50 millions d’euros.
Pas question cette fois de croissants surgelés estampillés Bridor mais plutôt de produits de la mer et plats préparés. Le site de Frial va accueillir de nouvelles lignes sur une parcelle de 3,9 hectares – soit plus du double de l’usine actuelle qui s’est installée en 2014 – afin de nourrir la «clientèle européenne» et le «grand export». Dans un communiqué du 22 septembre, Frial fait savoir qu’un permis de construire sera déposé au mois d’octobre et que le groupe espère un démarrage de l’activité fin 2025. A cette date, 60 emplois auront été créés.
Virage industriel
Côté finances, le groupe a été accompagné par la région – Hervé Morin, le président de la collectivité territoriale s’est d’ailleurs réservé la primeur de l’annonce. Sur les 50 millions d’euros annoncés, six viendront d’un prêt à taux zéro fait par la région, deux de subventions pures.
Le groupe Frial et ses trois sites normands ont été racheté fin 2021 par Louis le Duff avec la volonté de se développer sur le segment des plats préparés «premium». L’investissement annoncé en ce mois de septembre augure d’une évolution de la stratégie industrielle de Frial. «Cette extension et reconversion à terme, n’interférera pas avec la production actuelle de Frial, dont la production sera à terme transférée dans son intégralité sur les sites de Bayeux», détaille aussi le communiqué.
Cet investissement envoie quoiqu’il en soit un signal important, quatre mois après l’annonce de l’abandon du projet Bridor à Liffré. Louis Le Duff avait fait part de son agacement quant aux oppositions écologistes locales et regretté qu’il faille «10 ans pour construire une nouvelle usine» en France. En réaction, des perspectives de développement et d’installations d’unité hors des frontières hexagonales avaient été annoncées. L’annonce de l’industriel breton est un soulagement pour le Made in France.



